Premier nowcast pour Q3 : la récession semble évitée, mais l'incertitude pèse
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Il y a quelques semaines, l’estimation flash a confirmé le nowcast publié par la Banque nationale de Belgique cet été : une croissance nulle pour l'économie belge au deuxième trimestre. Il était certain que la hausse des prix des carburants, conséquence du conflit au Moyen-Orient, pèserait sur la croissance. Dans la zone euro, un ralentissement de la croissance s'est observé avant l'été, bien que les performances solides de l'Irlande aient faussé le tableau.
Croissance de 0,1%
Notre dernier nowcast, réalisé en collaboration avec l'Université de Gand, montre que les activités ont de nouveau accéléré depuis. Après les 6 premières semaines de ce trimestre, nous observons une hausse des revenus et des dépenses dans presque tous les secteurs.
En parallèle, les indicateurs macroéconomiques traditionnels se dégradent. La confiance des entreprises reste faible dans tous les grands secteurs, à l'exception de la construction. La part des entreprises industrielles et du bâtiment prévoyant une hausse des prix dans les prochains mois est passée d'environ un tiers en avril à un peu plus d'un quart selon les dernières données.

Globalement, nous anticipons une croissance de 0,1% ce trimestre. Pour l'instant, nous n'envisageons pas de récession*. Lorsque les comptes nationaux du deuxième trimestre seront finalisés, nous mettrons à jour nos prévisions annuelles. Actuellement, nous prévoyons une croissance du PIB de 0,6% cette année et de 1,0% l'année prochaine. L'inflation sur l'ensemble de l'année devrait s'élever à 2,8% cette année et à 2,2% l'année prochaine. Mais les avis divergent fortement sur cette inflation.
L’inflation, un sujet de profond désaccord
C’est ce qui ressort également des données de l'agrégateur de prévisions FocusEconomics, qui interroge chaque mois des institutions financières, des groupes de réflexion et d'autres groupes d'experts sur leurs perspectives, notamment en matière d'inflation.
Nous avions déjà analysé l'année dernière l'augmentation des divergences de prévisions, lorsque les écarts entre les perspectives de croissance des participants à cet exercice mensuel se sont creusés.
Aujourd'hui, l'inflation est le principal sujet de discorde parmi les prévisionnistes économiques. À mi-parcours de l'année, ils sont historiquement en désaccord sur l'ampleur de la hausse moyenne des prix sur l'ensemble de l'année. C’est assez rare pour le souligner.

Le graphique montre que, avant la pandémie, les prévisions d'inflation divergeaient en moyenne de seulement 0,3 point de pourcentage au début d'une année donnée, suivi d'une diminution progressive au fil de l'année. Logique : plus l'année avance, moins il reste de marge pour des divergences d'opinion.
La situation était différente en 2022, lorsque l'inflation a atteint un pic record de 13,1% à l'automne. À de tels niveaux, les écarts de prévisions sont naturellement plus marqués, ce qui explique en partie la courbe rouge élevée.
Les prévisions divergent fortement
Or, les données recueillies par FocusEconomics pour son édition d'août montrent des écarts encore plus marqués qu'à l'époque. Bien que le consensus actuel se situe autour de 3% pour l'inflation totale en 2026, les prévisions diffèrent en moyenne de près d'un point de pourcentage.
Cela pose un défi majeur. Pour les ménages, qui ont déjà du mal à anticiper l'évolution des prix dans l'économie. Mais aussi pour les entreprises, souvent contraintes d'indexer mécaniquement les salaires sans pouvoir répercuter cette hausse sur leurs clients (notamment étrangers). Enfin, cela complique la tâche du gouvernement, qui doit une fois de plus trouver des milliards pour limiter le déficit croissant dans ce contexte difficile. Plus que 3 mois avant les midterms américains : accrochez-vous !
*Par le passé, une estimation flash nulle s'est pourtant révélée un signal pertinent. En examinant toutes les estimations flash depuis 2008 comprises entre -0,1% et 0,1% de croissance trimestrielle, il s'est avéré que dans 27% des cas, cela correspondait finalement à un trimestre de croissance négative. Aujourd'hui, 10% de nos modèles indiquent que l'économie est en contraction. En combinant ces données, nous estimons depuis avril la probabilité d'une récession en cours à moins de 3% : 27% de risque de contraction le trimestre dernier multiplié par 10% pour ce trimestre.
