Un vent d’optimisme souffle sur l’Europe
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Depuis quelques semaines, un vent d’optimisme souffle sur les marchés boursiers européens, alors même que les crises politiques s’accumulent aux USA. Le printemps s’annonce prometteur.
À l’échelle mondiale, des sommes record sont depuis peu investies dans les actions européennes. Le désir de réduire l’exposition aux États-Unis correspond à un optimisme croissant quant à l'état de santé de l'économie du Vieux Continent. Sur le seul mois de février, les actions européennes ont enregistré des flux entrants mensuels record, selon les données de l'EPFR, qui suit les flux d'ETF et de fonds communs de placement.

L’Europe moins exposée à la tech
À y regarder de plus près, les bourses européennes ont bénéficié du désir des grands investisseurs de prendre leurs distances avec Wall Street et son immense secteur technologique. Depuis quelques semaines, celui-ci est en effet secoué par les inquiétudes autour d’une bulle potentielle du secteur de l’IA. Les marchés boursiers européens offrent une exposition différente, nettement moins portée par les valeurs technologiques et ancrée dans des secteurs plus traditionnels, ce qui semble attirer les investisseurs.
Si l’Allemagne continue de connaitre un rythme de croissance très faible, le pays est néanmoins sorti de récession pour la première fois depuis 2022. Par ailleurs, une hausse récente des commandes d’usines allemandes a soutenu les marchés : les perspectives liées au réarmement de l’Allemagne se propagent à toute l’industrie, ce qui redonne espoir pour la suite. La locomotive allemande 2.0 est peut-être enfin en marche !
Nouvelle donne aux USA
Depuis quelques jours, le vent vient d’ailleurs de tourner une nouvelle fois après l’invalidation par la Cour Suprême des États-Unis des droits de douane ordonnés par le président Trump à son retour à la Maison Blanche il y a un an.
Où que l'on regarde sur les marchés financiers, des signes évidents montrent que les investisseurs mondiaux essaient d’éviter l’Amérique de Donald Trump. L’enthousiasme pour les actifs américains n’a pas disparu, mais il a changé de nature. Il y a un an, tout le monde semblait convaincu que les promesses du président Trump de déréguler l’économie feraient des merveilles au niveau de la croissance économique, dopant le dollar et creusant un écart entre les actions américaines prometteuses et un tableau sombre ailleurs.
Inquiétudes sur l’IA
À présent, nous nous trouvons dans la deuxième année du mandat de Donald Trump et la donne semble avoir changé. Un bon moyen de s’en convaincre ? Observons les performances des marchés boursiers et, surtout, comparons les Etats-Unis et l’Europe. Le S&P 500 fait grosso modo du surplace depuis le début de l’année 2026, à cause des inquiétudes relatives à l’IA. À l’inverse, les marchés européens et asiatiques s'en sortent globalement très bien et profitent d’un vent favorable. Les perspectives économiques en Europe suscitent aujourd’hui un réel optimisme.

Dans ce contexte, il est notable que même lorsque Trump s'est fait couper les ailes à propos de ses droits de douane, les marchés américains n’ont pas particulièrement repris de couleurs et sont restés relativement stables. Ailleurs, l’humeur s’améliore comme le montrent les chiffres relatifs aux entrées de fonds. Le monde avance donc bel et bien, lentement mais sûrement, et l'Europe semble enfin pouvoir en profiter un peu. Les enquêtes économiques de la zone euro ne sont toujours pas brillantes mais elles restent encourageantes.
L’Europe profite des crises politiques américaines
L’économie américaine, quant à elle, croît beaucoup plus lentement qu’on ne le pensait auparavant, au rythme annuel de 1,4 %, semblable à celui de l’Europe, selon de nouvelles données publiées il y a quelques jours. La grande dépendance à la surperformance technologique a été essentielle au miracle de l'investissement américain de la dernière décennie. C’est indéniable. Mais aujourd’hui, elle trébuche alors même que les données économiques sont moins bonnes et que le pays voit sa politique osciller d’une crise à l’autre. Les investisseurs votent avec leur portefeuille et l’Europe en profite.
Malgré cela, certains investisseurs restent sceptiques quant à la capacité des actions européennes à générer une croissance des bénéfices comparable à celle de Wall Street. L’avenir nous dira qui a raison car les turbulences sont nombreuses et imprévisibles.
