NOWCAST 3 Q4 : La croissance se maintient

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Notre dernier nowcast, rétrospective du quatrième trimestre qui vient de s’achever, indique une croissance persistante de l’économie belge. Avec +0,3%, la croissance se stabilise, bien que les modèles utilisés signalent un léger ralentissement à court terme.

Perspective

Notre indice bancaire interne révèle un infléchissement par rapport aux sommets atteints plus tôt au quatrième trimestre. Cette tendance se reflète également dans la confiance des entreprises, particulièrement faible chez les commerçants et les prestataires de services. Tous secteurs confondus, on observe un recul par rapport au mois précédent. À l’inverse, les consommateurs affichent aujourd’hui un optimisme comparable à celui de fin 2021.

Avec +0,3%, la croissance trimestrielle belge reste en deçà de la moyenne à long terme de 0,4%. Une situation que l’on rencontre dans la majorité des États membres de l’UE : 15 pays enregistrent actuellement une croissance inférieure à leur moyenne. Pourtant, les perspectives pour la croissance de l’UE restent positives. Nos économistes anticipent +1,6% cette année, grâce notamment aux performances soutenues de l’Espagne et, surtout, au rebond de l’économie allemande, où le robinet des dépenses fiscales est grand ouvert.

Quels sont les moteurs de la croissance belge ?

Sur les trois premiers trimestres de cette année, comme souvent, c’est la consommation des ménages qui a joué le rôle principal. Le commerce extérieur a en revanche pesé sur la croissance, avec un solde particulièrement dégradé avec les États-Unis. Les dépenses publiques ont également alimenté la croissance, tandis que les investissements ont déçu.

Pour l’année prochaine, nous anticipons un ralentissement des dépenses publiques, dans le cadre des efforts d’économie en cours. La contribution du commerce extérieur devrait également rester négative dans les années à venir. La consommation des ménages, en revanche, pourrait se maintenir, soutenue par un niveau de confiance élevé et un taux de chômage toujours très bas.

Les investissements peuvent-ils rebondir ?

Les entreprises, qui représentent la majorité des dépenses d’investissement dans notre pays, adoptent aujourd’hui une attitude très prudente. Le taux d’utilisation des capacités est plutôt faible, ce qui limite l’appétit pour des investissements d’expansion. Ces dernières années, les entreprises belges ont surtout investi pour réduire leurs coûts plutôt que pour développer leur production (comme le montre le graphique ci-dessous).

Cette situation contraste à première vue avec celle des États-Unis, où les investissements – notamment dans l’IA – ont récemment joué un rôle clé dans la croissance du PIB. L’économiste Jason Furnam a ainsi calculé que, sans les dépenses en capital liées à l’IA, la croissance américaine aurait été quasi nulle au premier semestre.

En Belgique aussi, la contribution de l’IA et des investissements numériques est en hausse. La Banque Nationale publie des données annuelles sur les différents types d’investissements qui couvrent une période allant jusque l’année 2024 incluse. Il en ressort que les dépenses numériques (capex) ont représenté 0,4% des 1,1% de croissance du PIB en 2024. En récolterons-nous bientôt les fruits ?