Nowcast T1 : croissance lente confirmée, rebond de l’inflation
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La circulation dans le détroit d'Ormuz pourrait-elle bientôt reprendre ? Les probabilités d'une normalisation partielle semblent augmenter. Du moins selon Polymarket, un marché prédictif. C'est un indicateur, mais qui doit être pris avec une bonne dose de scepticisme, compte tenu des rumeurs de délit d'initié. Le signal est plus clair sur les marchés des matières premières : les prix du pétrole et du gaz ont baissé depuis les annonces de cette semaine. Mais ils restent très élevés, et cela commence à se faire sentir dans l'économie belge.
Croissance ralentie…
Notre nowcast, élaboré en collaboration avec l'Université de Gand, confirme d'ores et déjà le ralentissement de la croissance que nous avions annoncé le mois dernier. Rien d'étonnant. Entre-temps, la confiance des consommateurs a fortement reculé, atteignant en mars son niveau le plus bas depuis mai 2025.
Les entreprises de certains secteurs sont également pessimistes, en particulier les entreprises de construction et les prestataires de services. L’industrie a connu un léger rebond et le moral s’est même nettement amélioré dans le commerce.
En raison de données sous-jacentes incomplètes, nous maintenons donc une croissance trimestrielle de 0,15%.

Nous nous trouvons ainsi toujours au croisement des deux scénarios que nous avions précédemment esquissés :
- « Hormuz Constrained » : des prix très élevés pour les énergies fossiles, mais uniquement pendant une période relativement courte, avant de revenir après un an environ au niveau initialement prévu.
- « Power Vacuum » : une situation prolongée de prix durablement élevés, bien que les pics restent inférieurs à ceux du premier scénario.
… et une inflation plus élevée
Parallèlement, l’inflation belge grimpe. En mars, le HICP – la mesure préférée de la BCE – s’élevait à 2,0%. Le Bureau du Plan a rapporté une inflation de 3,2% pour avril.
Les prévisions ont également été revues à la hausse, principalement en raison des prix de l'énergie, plus élevés désormais, intégrés par le Bureau du Plan. Le tableau ci-dessous compare les projections d'inflation (IPC) avec nos propres prévisions HICP dans les deux scénarios mentionnés.

Si les prix du pétrole et du gaz restent élevés tout au long de l'année, le niveau des prix dans notre pays pourrait augmenter bien plus rapidement. Ce n'est pas encore notre scénario de base. En revanche, on observe que de plus en plus d'entreprises prévoient d'augmenter leurs prix de vente au cours des 3 prochains mois, notamment dans le bâtiment, les services, mais aussi et surtout dans l'industrie.
Cette « intention de répercuter », qui fait partie de l’enquête mensuelle menée auprès des entreprises, s’est avérée très prédictive de l’inflation globale lors de la précédente crise des prix de l’énergie. À surveiller de près, donc.
