Nowcast Q2 ajusté : 0,15%
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La croissance économique a fortement chuté au 4e trimestre en Belgique. Ce retard pèse sur notre dernier nowcast pour les 3 premiers mois de cette année. Les indicateurs traditionnels et notre indice bancaire font état d’un ralentissement de la croissance. Les événements internationaux exercent également un impact significatif depuis début mars, mais pour le moment, nous ne prévoyons pas de récession.
Les consommateurs belges restent optimistes
Commençons par les bonnes nouvelles. Les consommateurs belges font actuellement preuve d’optimisme. Peut-être même un peu trop. Du moins en ce qui concerne le ralentissement du marché du travail. Nous avons déjà évoqué le phénomène : les ménages belges pensent que le chômage diminuera au cours des prochains mois. Cette vision s’écarte de notre scénario et de la situation observée dans les pays voisins.
Il est clair que le taux de chômage, tout comme l’inflation, reste à un niveau relativement bas. De plus, le marché immobilier semble retrouver son élan, après plusieurs trimestres de frilosité des acheteurs potentiels face à la hausse des taux d’intérêt. La publication des comptes nationaux pour 2025 démontre à nouveau que les ménages restent le moteur de l’économie belge. La croissance totale du PIB atteint 1,0%, dont pas moins de 0,9 point de pourcentage provient de la consommation privée*.
Sentiment plus mitigé dans les entreprises
Parmi les entreprises, le sentiment est moins positif. D’après le baromètre le plus récent, le ressenti général atteint son niveau le plus bas en 10 mois. À l’exception du secteur de la construction, le sentiment s’est détérioré dans tous les secteurs. On atteint même un plancher depuis 20 mois dans le secteur du commerce. Les prestataires de services et l’industrie se montrent également plus pessimistes qu’en début d’année.
Notre indice bancaire confirme ces tendances. Sur la base de transactions bancaires anonymisées et agrégées de nos clients entreprises, nous pouvons suivre l’activité dans différents secteurs de l’économie. Dans l’ensemble, ces chiffres reflètent le refroidissement de l’économie à la fin de l’année dernière. Plus inquiétant encore, le rebond des premières semaines était déjà terminé au moment d’entamer les vacances de carnaval.
Croissance lente et risques de repli
Dans l’ensemble, les modèles utilisés estiment aujourd’hui que la croissance trimestrielle sera faible. L’estimation médiane est de 0,15%. La moyenne de 0,13% est encore plus basse. En outre, nous basons ce nowcast sur 2 mois du trimestre en cours. Il semble probable que le conflit au Moyen-Orient pèse sur les chiffres qui seront publiés ce mois-ci.

* La consommation privée n’a pas augmenté au cours du quatrième trimestre, après une dynamique déjà faible constatée pendant et après l’été.
