Les droits de douane américains sur les produits chinois sont-ils efficaces ?
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Les droits de douane imposés par Donald Trump depuis son retour à la présidence des États-Unis en janvier 2025 visent à réduire le déficit de la balance commerciale américaine. En ligne de mire : la Chine. Cette politique tarifaire est-elle parvenue à ramener à l’équilibre la balance entre les États-Unis et la Chine ? Pas vraiment. Les chiffres de juin 2026 montrent en effet que les États-Unis achètent toujours massivement à l’étranger.
Une guerre commerciale qui vise la Chine
Chassez le naturel, il revient au galop. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a rapidement ramené le concept de guerre commerciale sur le devant de la scène. Les droits de douane et les déclarations tous azimuts se sont succédé pour tenter de réduire le déficit abyssal de la balance commerciale américaine. À l’époque, celui-ci avoisinait les 70 milliards de dollars chaque mois. Les mesures, ou plutôt les menaces, visaient la plupart des pays avec lesquels les USA affichaient un déficit. Mais derrière tout ce brouhaha, c’est surtout la Chine qui était visée.

La Chine : un acteur central de la mondialisation
Il faut reconnaître que la situation laisse perplexe, tant les chiffres sont impressionnants. Souvenons-nous que c’est en 2001 que la Chine a rejoint l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cette adhésion marquait l’aboutissement de 15 années de négociations. En entrant dans l’OMC, la Chine a pris un triple engagement :
- Réduire progressivement ses droits de douane
- Ouvrir davantage son marché aux entreprises étrangères
- Respecter les règles internationales en matière de commerce
Cet événement est souvent considéré comme un tournant majeur de la mondialisation, car il a accéléré l’intégration de la Chine dans l’économie mondiale et contribué à sa forte croissance économique au cours des décennies qui ont suivi.
Le surplus commercial impressionnant de la Chine
En 2001, aucun déséquilibre majeur n’apparaissait puisque les balances commerciales des 2 géants affichaient des soldes proches de zéro. Depuis lors, les choses ont changé à la vitesse d’un cheval au galop ! Lors de l’investiture de Donald Trump, en janvier 2025, la Chine engrangeait un surplus 138 milliards de dollars, contre encore 86 milliards un an auparavant. De quoi agacer le président américain !
La guerre commerciale fait rage depuis lors, avec des péripéties multiples, dont l’invalidation par la Cour Suprême de ces droits de douane américains, obligeant le gouvernement à rembourser une partie des taxes indument perçues.
Un modèle commercial chinois tourné vers les exportations
Il est vrai que le modèle chinois est construit avec la précision d’un horloger suisse : on se fixe un but, on se donne les moyens et on l’atteint. Les objectifs sont fixés à long terme, on évite d’être trop ambitieux à court terme mais on avance dans la direction voulue, quelles que soient les circonstances.
Ainsi, la Chine est confrontée à une crise majeure de sa demande domestique (manque de confiance depuis le Covid, crise du secteur immobilier, vieillissement accéléré de la population, chômage astronomique des jeunes), ce qui l’oblige à concentrer tous ses efforts pour atteindre ses objectifs de croissance via les marchés à l’exportation. La Chine produit en masse, subsidie tous les secteurs qui en ont besoin à coups de milliards et ça marche ! Les exportations s’envolent : +27% sur les 6 premiers mois de l’année !
Le déficit commercial américain persiste
Le résultat est stupéfiant dans de nombreux secteurs : voitures électriques, batteries, intelligence artificielle, etc. En juin 2026, la Chine affichait un surplus de sa balance commerciale de 126 milliards de dollars. Pendant ce temps, aux États-Unis, le naturel est revenu au galop : on achète toujours plus à l’étranger. Malgré la hausse des exportations de pétrole et de gaz américains, le déficit mensuel de la balance commerciale fluctue toujours autour de 70 milliards de dollars chaque mois. La guerre commerciale aura provoqué d’énormes incertitudes, mais n’aura pas réussi à améliorer ce point-là qui était justement l’objectif.
Chassez le naturel…
