La dette publique belge sous la loupe : comparaison avec le Danemark
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Il est impossible d’allumer la radio ou de lire le moindre article de presse sans tomber sur des discussions relatives aux finances publiques et à la manière de renflouer les caisses. Les marchandages autour des arbitrages pour combler l’écart toujours plus grand entre les recettes et les dépenses partent dans tous les sens, mécontentant tout le monde. Que se passe-t-il réellement ? Quel est le problème et comment y voir plus clair ?
Belgique – Danemark : même pression fiscale
Pour appréhender l’ampleur du problème, nous avons choisi de comparer nos finances publiques avec celles d’un pays assez similaire au nôtre en matière de pression fiscale : le Danemark. Il y a 6 millions de Danois contre presque 12 millions de Belges, sur des territoires de respectivement 43.000 et 30.000 km². Le dernier rapport de l’OCDE confirme que la pression fiscale est similaire dans les 2 pays, ce qui signifie que les gens y paient à peu près autant d’impôts. Il faut souligner au passage que comparer des régimes fiscaux est un exercice délicat. Le coût de la vie étant une notion assez « locale », il faut regarder les choses dans leur ensemble. Néanmoins, nous avons tenté l’exercice et voici quelques éléments qui doivent nous faire réfléchir.
La pression fiscale est importante dans les 2 pays, surtout au niveau des revenus du travail, les entreprises y paient à peu près les mêmes impôts, la taxation du patrimoine est moitié moindre au Danemark qu’en Belgique mais la TVA y est plus élevée. Au total, les revenus de l’impôt rapportés au PIB avoisinent les 45% au Danemark contre 43% en Belgique. On peut donc dire que la pression fiscale est équivalente.
Mesurer la dette publique autrement

Alors qu’on nous explique à longueur de temps que la dette publique belge devient incontrôlable, que la remontée des taux d’intérêt liée au retour de l’inflation menace le pays d’un nouvel effet « boule de neige » qui impliquerait que le gouvernement doive s’endetter à nouveau pour payer les charges en intérêt sur la dette, regardons comment font les Danois…
Là-bas, la dette est de 30% du PIB, contre 110% chez nous ! Comment est-ce possible ? Les dépenses sont simplement alignées sur les recettes, de sorte qu’il n’y a quasi pas de déficit budgétaire, même quand la conjoncture est moins bonne. En d’autres mots, le pays ne vit pas au-dessus de ses moyens. Rapportée à la population au lieu de la regarder en pourcentage du PIB, la dette belge pèse 60.000€ par personne contre 20.000€ au Danemark. Il apparait aussi que la croissance économique y est nettement plus soutenue : +5,9% au premier trimestre de 2026 contre à peine 0,8% en Belgique.
Il semble que les dépenses au Danemark soient mieux réfléchies et que l’avis des citoyens soit davantage pris en compte qu’en Belgique. Le taux de chômage y est ainsi nettement plus faible, grâce à un système de suivi (coaching) rapproché de toute personne qui perd son emploi. Le résultat est sans appel : un taux de chômage de 3,1%, contre 6,2% chez nous.
À méditer !
