L’avenir du marché du travail est-il féminin ?

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Au cours des 2 derniers siècles, l’économie belge a évolué d’une économie agricole à une économie industrielle puis à une économie de la connaissance. Cette évolution va de pair avec une augmentation générale du niveau d’éducation. Aujourd’hui, le marché du travail est dominé par des profils hautement qualifiés. Et la majorité d’entre eux sont des femmes. Pourtant, si l’on se penche sur la gouvernance des entreprises, leur rattrapage n’est pas encore terminé. Et ce malgré la croissance du nombre de femmes entrepreneures.

L’avenir du marché de l’emploi : vers davantage d’entrepreneures ?

Petite leçon d’histoire

L’économie belge a beaucoup évolué ces dernières années. L’histoire économique de la Belgique commence il y a près de 200 ans. À l’époque, la majorité des habitants travaillent dans le secteur agricole, l’économie primaire.

Vers la fin du 19e siècle, la révolution industrielle change considérablement la donne. L’économie secondaire, avec la construction et l’industrie en tête, devient un moteur de l’emploi. D’autre part, l’augmentation de la productivité et du commerce réduit les besoins en main d’œuvre pour approvisionner tous nos compatriotes.

Malgré 2 guerres mondiales, les technologies innovantes qui ont émergé au 20e siècle ont également permis de réaliser de solides gains de productivité dans le secteur primaire. De plus en plus d’emplois sont à pourvoir dans les services. Le secteur tertiaire connaît alors une croissance rapide. Aujourd’hui encore, le secteur des services représente la majorité des emplois et de la majeure partie de notre produit intérieur brut (PIB).

L’éducation est de plus en plus importante

Les tâches de plus en plus complexes des ingénieurs et des travailleurs de la connaissance dans l’économie moderne exercent un impact sur le profil-type du travailleur belge. Les profils peu qualifiés sont encore majoritaires vers le début du siècle. À partir de 2005, ce sont les personnes d’un niveau de qualification intermédiaire qui prennent la tête du peloton. Plus de 10 ans plus tard, juste avant la pandémie de Covid, les personnes hautement qualifiées représentent le groupe le plus important sur le marché du travail. La majorité d’entre elles, environ 1,7 million, sont des femmes.

Des profils féminins hautement qualifiés

Même si l’écart salarial et le plafond de verre n’ont pas encore complètement disparu, nous constatons aujourd’hui que plus de 1,4 million de femmes hautement qualifiées dominent le marché du travail belge. C’est ce groupe qui contribue le plus à l’ambition du gouvernement De Wever d’augmenter le taux d’emploi. Sur les quelque 120.000 personnes qui ont commencé à travailler au cours des 12 derniers mois, près de 80.000 étaient des femmes.

Effet retard

Parallèlement, les femmes restent minoritaires dans les conseils d’administration. La part des entreprises belges comptant au moins une administratrice est restée pratiquement constante ces dernières années, juste en dessous de 40%. De plus, dans les entreprises de l’économie numérique, qui connaissent une croissance beaucoup plus rapide que la moyenne, on dénombre encore moins de femmes administratrices : à peine 20% de ces entreprises comptent au moins une femme au sein de leur conseil d’administration. La cause n’est pas univoque, mais une combinaison de facteurs historiques, culturels et structurels. Malgré un afflux important de femmes, un retard reste donc visible aujourd’hui.

Davantage d’entrepreneures

La forte augmentation de femmes entrepreneures ces dernières années est plus prometteuse. Alors que l’IA pénalise notre économie classique, les emplois dans le secteur privé et public semblent de plus en plus souvent sous-traités aux indépendants. Le nombre d’indépendants sur le marché du travail belge n’a cessé d’augmenter au cours des 20 dernières années, même en pleine pandémie de Covid.

Les chiffres les plus récents montrent en outre que le taux de croissance des femmes entrepreneures indépendantes est chaque année nettement plus élevé que celui de leurs homologues masculins. Quoi qu’il en soit, il est frappant de constater que, parmi les jeunes de moins de 30 ans, les différences de genre dans l’entrepreneuriat s’amenuisent.

L’avenir appartient-il aux (femmes) indépendantes ?