Détroit d’Ormuz et taux de change
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L’euro s’affaiblit face au dollar. En cause ? Des trajectoires différentes des deux côtés de l’Atlantique en matière de croissance économique et d’inflation.
Les faits marquants :
- L’euro termine la première moitié de l’année 2026 en repli face au dollar.
- La réouverture progressive du Détroit d’Ormuz réduit les craintes autour de l’inflation et de hausses de taux en Europe.
- Néanmoins, la situation économique et politique aux États-Unis est totalement différente et pousse le marché à anticiper un renchérissement du dollar.
La victoire de Donald Trump aux élections de novembre 2024 avait provoqué une envolée du dollar, vite effacée par les turbulences liées aux menaces de guerre commerciale. Néanmoins, le marché des changes occupe à nouveau le devant de la scène.
Pourquoi l’euro baisse face au dollar ?
L’euro est en effet en train de s’affaiblir contre le dollar au point d’être revenu au niveau de l'été 2025, à savoir 1,13 dollar pour 1 euro. La situation est d’autant plus paradoxale que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de relever ses taux directeurs ce 11 juin 2026 afin de lutter contre la remontée de l’inflation qui mine l’Europe tout entière.

Comme la Fed n’a pas immédiatement emboîté le pas à la BCE, on aurait pu penser que cela favoriserait le taux de change de l’euro et ferait remonter le cours de la monnaie unique face au billet vert. C’est toutefois le contraire qui se passe. Pourquoi ?
En Europe, des entreprises et des investisseurs sensibles au taux de change
De nombreuses entreprises européennes actives aux USA et de nombreux investisseurs qui avaient opté pour des placements en dollars avaient fait les frais de la baisse du dollar en 2025, lorsque le taux de change était brusquement passé de 1,03 à 1,20. Aujourd’hui, la situation s’inverse.
L’explication principale réside comme souvent dans les anticipations du marché. Ce n’est un secret pour personne, l’économie européenne ne se porte pas bien. La croissance reste faible et les perspectives moroses, notamment à cause de la situation dans le Détroit d’Ormuz qui a ravivé les tensions inflationnistes et mine le moral des entreprises. Certes, la BCE a jugé utile de remonter de 25 points de base ses taux directeurs.
Mais depuis lors, la situation s’est débloquée dans le Détroit d’Ormuz et cela change tout. Envolées les craintes d’accélération de l’inflation et peut-être aussi envolées les attentes d’autres hausses des taux en Europe.
États-Unis : le poids de l’inflation
Aux USA, c’est une autre histoire car la croissance reste bonne, les entreprises sont confiantes et les montants investis dans l’IA atteignent des niveaux tels que personne ne table sur un véritable ralentissement de la croissance.
On ne peut nier que certains secteurs rencontrent des difficultés, notamment ceux qui subissent de plein fouet la concurrence débridée de Chine. Toutefois, la plupart des indicateurs restent au vert. Si l’inflation ne se calme pas suffisamment vite, il n’y a aucun doute sur le fait que la Fed activera l’arme du resserrement des conditions monétaires. On sait que Donald Trump s’y oppose. Mais comme il veut absolument réduire le niveau de l’inflation d’ici novembre 2026 pour honorer ses promesses électorales, il faudra peut-être en passer par une ou deux hausses des taux.
Vers un marché des devises apaisé ?
C’est clairement cela que le marché des changes a en tête et c’est ce raisonnement qui explique la hausse récente du dollar (et le repli de l’euro).
Quel niveau ?
Historiquement, on peut observer que lorsque le taux de change se situe dans une fourchette allant de 1,10 à 1,15, tout le monde s’en accommode. Si on s’en écarte, les dents grincent souvent. Vu sous cet angle, le marché des devises semble amorcer un retour en eaux plus calmes.
