Prévenir le phishing et la fraude en entreprise grâce à la signature multiple
Les cybercriminels utilisent l’IA et des techniques avancées d’« ingénierie sociale » pour cibler les entreprises. Il est possible de mettre en place une ligne de défense essentielle grâce à une sécurité intégrée telle que la signature multiple. La question n’est pas de savoir si votre entreprise sera la cible d’une fraude numérique, mais quand. En effet, cela n’arrive pas qu’aux autres… Stéphane Goddé (Head of Fraud Management & Investigations) et Bert Dobbelaere (Business lead pour la gestion de la fraude) de BNP Paribas Fortis analysent le marché. Leur conclusion : la défense ne repose plus uniquement sur la sécurité informatique purement technique, mais s’étend désormais à votre culture d’entreprise et à l’architecture de vos processus.
En 2026, la fraude en entreprise n’est plus l’œuvre d’amateurs, mais une industrie B2B organisée. Les réseaux criminels utilisent des scripts prêts à l’emploi, des manuels et des fichiers zip provenant du dark web. Ils s’attaquent ainsi de manière très ciblée aux petites, moyennes et grandes entreprises belges. Selon des chiffres récents de Febelfin pour la Belgique, le phishing rapporte près de 93 millions d’euros par an aux hameçonneurs. Les banques bloquent ou récupèrent de manière proactive environ 75 % des transactions frauduleuses, mais la pression reste énorme. C’est ce que révèlent les près de 10 millions de messages suspects que les Belges signalent chaque année à Safeonweb. Les dommages subis par les entreprises vont d’ailleurs bien au-delà de l’aspect financier : sont également en jeu la continuité des activités, la sécurité des données et la confiance des clients.
Les failles humaines en cause : « Les banques ne se font pas pirater »
En matière de cybersécurité, une idée reçue persiste : la lutte contre la fraude serait une course à l’armement technologique. « En Belgique, on ne connaît aucun cas de banque piratée où de l’argent aurait été prélevé sans raison sur un compte », précise Bert Dobbelaere. « La cryptographie sous-jacente est jusqu’à présent infaillible. Les criminels exploitent les failles humaines. »
Les fraudeurs n’attaquent pas l’infrastructure informatique de la banque, mais manipulent les collaborateurs des entreprises qui ont accès aux comptes. Ils jouent sur les émotions : la peur d’un blocage, la tentation d’une opportunité unique ou la loyauté avec un sentiment d’urgence.
L’IA générative rend cette « ingénierie sociale » encore plus efficace. Alors que les messages de phishing se repéraient autrefois à leurs fautes de langue, l’IA génère aujourd’hui des messages sans faute et personnalisés dans toutes les langues.
« Le véritable tsunami est encore à venir, mais le marché évolue dans cette direction. Les criminels utilisent le clonage vocal par IA pour imiter, à partir de quelques secondes d’enregistrement audio, la voix d’un partenaire commercial ou d’un membre de la direction. Ils entraînent déjà des modèles d’IA pour appeler des clients et les faire parler. Le clonage vidéo viendra peut-être s’y ajouter prochainement. » Stéphane Goddé, Head of Fraud Management & Investigations
Dans le cadre de la fraude au PDG ou au service client bancaire, les criminels exercent une telle pression sur les employés des services financiers qu’ils en viennent à ignorer les avertissements de la banque. Ils installent des logiciels de contrôle à distance (tels qu’AnyDesk ou TeamViewer) ou valident des transactions en pensant mettre fin à la fraude, alors qu’ils ne font que la faciliter.
Dans le cas de la fraude au compte à sécurité renforcée, les escrocs commencent par obtenir les identifiants de connexion par hameçonnage. Ils appellent ensuite en se faisant passer pour un employé de banque et convainquent la victime de transférer de l’argent vers un compte réputé hautement sécurisé – qui appartient en réalité à un prête-nom.
Les fraudeurs peuvent également tenter de procéder à une prise de contrôle de compte. Ils trompent les victimes par téléphone pour qu’elles valident une notification itsme®. Ainsi, les criminels connectent en arrière-plan leur propre appareil à votre environnement Easy Banking Business (EBB) ou Mobile (EBBM). Ne validez donc jamais une demande itsme® si vous n’êtes pas vous-même en train de vous connecter ou d’effectuer une connexion.
Prevention by Design : contrôle et efficacité grâce à l’authentification à plusieurs facteurs
« Pour protéger les entreprises, BNP Paribas Fortis applique la stratégie “Prevention by Design”. La sécurité n’est pas une étape de contrôle assommante ajoutée a posteriori, mais est intégrée dès la conception de tous les canaux numériques. Le conseil aux entrepreneurs est simple : ne quittez jamais les canaux numériques sécurisés de la banque et ne faites jamais confiance aux liens externes ou aux messages non sollicités », explique Stéphane Goddé.
La barrière la plus solide dans Easy Banking Business est le principe du double contrôle via la signature multiple. L’ingénierie sociale isole généralement un seul collaborateur. Dès qu’une deuxième personne doit valider le paiement via la signature multiple, la mécanique bien rodée de la fraude est mise à mal.
Les entrepreneurs craignent parfois qu’un tel contrôle ne ralentisse les opérations. C’est tout le contraire : contrôle et efficacité se renforcent mutuellement.
Cet équilibre se construit différemment selon la taille de votre entreprise. La structure digitale s’adapte parfaitement à votre organisation.
- Pour les PME et les petites entreprises : la signature multiple agit comme un levier d’efficacité. Un collaborateur du service financier prépare les paiements, après quoi le directeur général ou le représentant légal approuve l’ensemble en fin de journée en une seule opération.
- Pour les moyennes et grandes entreprises : la gestion des risques, la séparation des fonctions et la gouvernance d’entreprise sont au cœur du dispositif. Grâce à des paramètres avancés, vous définissez des groupes de signataires stricts, dans lesquels les paiements dépassant un seuil spécifique nécessitent obligatoirement l’approbation de plusieurs mandataires autorisés.
Ainsi, la charge administrative quotidienne reste minimale, tandis que le contrôle interne et la prévention des fraudes sont parfaitement maîtrisés.
Saviez-vous que… vous pouvez facilement configurer la signature multiple en ligne ?
Une culture d’entreprise sécurisée commence par la configuration de vos canaux numériques. En tant que gestionnaire de contrats, vous définissez vous-même vos règles de signature et vos groupes de signataires via le module « Administration ». Consultez toutes les informations pratiques sur la page officielle d’Easy Banking Business.
Conclusion : une responsabilité partagée
La lutte contre la fraude en entreprise repose sur deux piliers : la technologie de la banque et la culture de votre entreprise. BNP Paribas Fortis investit massivement et constamment dans la détection de la fraude en temps réel et dans des canaux sécurisés. Mais ces protections sont inopérantes lorsque des humains font le choix de contourner les dispositifs de sécurité.
Les fraudeurs exercent une pression intense pour faire perdre tout bon sens à leurs victimes. C’est grâce à une culture d’entreprise claire que vous briserez cette « hypnose » psychologique. Donnez à vos collaborateurs la possibilité, en cas de doute, de suspendre la procédure et de se concerter en interne. En 2026, la sécurité bancaire ne sera plus un simple enjeu informatique, mais une discipline de gestion stratégique axée sur la prévention.
Les 10 règles d’or pour une entreprise résiliente
- Saisissez toujours l’URL vous-même : ne cliquez jamais sur des liens contenus dans des e-mails, des SMS ou des messages WhatsApp pour accéder à votre espace bancaire. Utilisez vos favoris, l’application officielle ou saisissez l’URL vous-même.
- Gardez vos codes bancaires strictement confidentiels : ne communiquez jamais votre code PIN ni les codes de réponse de votre lecteur de cartes par e-mail, par téléphone ou sur les réseaux sociaux. La banque ne vous les demandera jamais.
- Activez systématiquement la signature multiple : faites toujours signer les paiements dépassant un certain montant par au moins deux personnes.
- Vérifiez rigoureusement les données de référence : vérifiez toujours un changement de numéro de compte d’un fournisseur via un numéro de téléphone figurant dans votre propre base de données, jamais via la facture elle-même.
- Vérifiez attentivement les adresses e-mail : à chaque paiement, vérifiez le nom de domaine de l’expéditeur. Les fraudeurs imitent souvent les adresses e-mail des membres de la direction en ne changeant qu’une seule lettre.
- N’installez jamais de logiciel sur simple demande : raccrochez immédiatement si un soi-disant employé de banque vous demande d’installer un nouveau logiciel.
- Méfiez-vous des messages urgents : les e-mails portant la mention « confidentiel » ou « extrêmement urgent » sont des signaux d’alerte typiques de l’ingénierie sociale.
- Personnalisez les autorisations bancaires : attribuez à chaque collaborateur un accès strictement personnel. Le partage de codes d’accès, de cartes ou de codes PIN vous rend vulnérable.
- Configurez des limites et des alertes proactives : configurez des notifications via l’application Easy Banking Business Mobile pour les transactions sortantes dépassant un seuil que vous aurez défini.
- Investissez dans une sensibilisation continue : votre équipe financière est votre première ligne de défense. Prévoyez des formations régulières aux nouvelles tendances en matière de fraude, telles que la fraude à la facture et la tromperie par IA.
Vous souhaitez sécuriser davantage vos comptes professionnels grâce à la signature multiple ?
Configurez vos règles de signature directement dans Easy Banking Business ou contactez votre chargé de relation.

