La Coupe du monde est aussi une opportunité de marquer en Bourse

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Au début de l’été, un nombre record de 48 équipes se sont rendues sur le continent américain dans l’espoir de soulever la coupe du monde de football. Plusieurs milliards de personnes suivent les mêmes images, tandis que les études de la FIFA évoquent des milliards d’euros de revenus supplémentaire et des centaines de milliers d’emplois.

Mais en y regardant de plus près, on découvre un schéma classique : un pic de demande temporaire, financé par des années d’investissements, suivi par la question de savoir si ces stades, ces lignes de transports en commun et autres infrastructures seront également rentables après le coup de sifflet final. Historiquement, il n’est pas rare que le paysage macro-économique s’apaise après une activité accrue. Bien que cela puisse moins s’appliquer aux pays hôtes actuels, la question de l’impact réel de la Coupe du monde sur l’économie reste d’actualité.

Un rendement plus faible

Pendant que les plus grandes nations du monde s’affrontent sur les pelouses, un autre type de compétition se joue en Bourse. Historiquement, juin et juillet génèrent de toute façon moins de volume de transactions – l’effet estival traditionnel. Mais pendant une Coupe du monde, une baisse systématique des rendements s’ajoute à l’équation. Le chercheur Yosef Bonaparte observe ainsi aux États-Unis une différence moyenne de rendement de près de 380 points de base entre les mois de Coupe du monde et les périodes comparables sans Coupe du monde.

D’autres études montrent des volumes intraday plus faibles pendant les matchs, des prix qui réagissent plus lentement aux actualités et des introductions en Bourse sous-évaluées lorsqu’elles arrivent sur le marché alors que le tournoi bat son plein. La raison ? Ces observations ne sont pas dues au fait que les flux de trésorerie se tariraient soudainement. La vraie explication réside dans le fait qu’une grande partie des investisseurs regardent littéralement ailleurs.

Sentiment, attention et attrait du jeu

Les mécanismes à l’œuvre sont étonnamment humains.

  • D’abord l’émotion : la victoire déclenche une euphorie partagée, la défaite une déception collective, deux sentiments opposés qui se traduisent par plus ou moins d’appétit au risque.
  • Ensuite, l’attention : suivre les matchs toute l’après-midi déplace la capacité cognitive des chiffres trimestriels vers les séances de tirs au but.
  • Enfin, l’attrait du jeu : les personnes qui prennent plus de risques dans les paris sportifs sont également plus souvent attirées par des actions de type « loterie », très volatiles et dont le pouvoir de séduction ne repose pas sur des fondamentaux solides.

Résultat ? Une sous-évaluation des marchés. Non parce que les modèles de valorisation fonctionneraient fondamentalement moins bien, mais tout simplement parce qu’ils sont temporairement moins ou pas utilisés.

Occasions de buts sur les marchés

De manière assez ironique, la Coupe du monde regorge également d’opportunités. Celles et ceux qui, pendant la Coupe du monde, détournent leur regard du ballon rond, peuvent justement engranger quelques victoires importantes sur un autre terrain : les marchés. Il s’agira alors d’observer les actions moins suivies, les changements sectoriels ou les introductions en Bourse. Dans un monde où le football monopolise une bonne partie de l’attention médiatique, la formation des prix peut parfois opérer un mouvement suffisant pour créer des écarts intéressants.