Les actions européennes

Va-t-on assister en 2013 au retour des actions européennes ?

 

2013 approche à grands pas et c'est avec intérêt que nous analysons les listes de placements pour l'année à venir. Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : en 2013 aussi, la chasse au rendement s'avèrera extrêmement difficile. Pour l'année prochaine, l'OCDE prévoit un recul de la croissance à 1,4 % dans les pays développés. En mai dernier, cette même autorité avançait encore le chiffre optimiste de 2,2 %.

 

Une bonne question, c'est déjà la moitié de la réponse

Face à la perspective d'une nouvelle année au parcours économique chaotique, se pose dès lors la question de savoir quels actifs choisir... Certes, l'investisseur individuel est surpondéré en liquidités, comme en témoigne le niveau incroyablement élevé des avoirs placés sur les livrets d'épargne ainsi que sous la forme d'obligations. Pourtant, c'est à peine si les obligations d'entreprises dotées du label de qualité « investment grade » et les obligations d'État de qualité offrent encore un rendement. Parallèlement, ces 2 dernières années, les investisseurs ont déserté en masse les marchés des actions.

D'où la double question : où peut-on encore trouver du rendement et comment en obtenir sans prendre trop de risques ? La réponse est claire : en se diversifiant dans davantage de produits, comme des actions et des produits structurés. Il semblerait que le grand public en soit lui aussi déjà arrivé à cette conclusion. La preuve en est par exemple la fin de l'exode des fonds communs dans notre pays.

 

Des actions ?

Dans le monde entier, les banques centrales continuent d'injecter des liquidités sur le marché pour stimuler la croissance économique. Et même si la croissance économique restera limitée (voire négative) l'an prochain, elle sera meilleure qu'en 2012. Voilà qui devrait justement entraîner une amélioration des différents marchés des actions. De plus, les résultats des mesures d'économies et de restructuration souvent draconiennes adoptées dans les entreprises devraient se traduire par de meilleurs résultats d'exploitation.

 

Des actions d'entreprises européennes ?

L'annonce faite par Mario Draghi, Président de la Banque centrale européenne, selon laquelle la BCE mettrait tout en œuvre pour sauver l'euro, a constitué un tournant dans une crise européenne qui traîne en longueur depuis maintenant plusieurs années et ne cesse de battre des records de bas niveau. Mais attention : cela ne signifie pas que tout sera rose désormais. L'intégration européenne s'apparente à la procession d'Echternach : trois pas en avant et deux pas en arrière... Mais l'éloignement de la crainte d'une crise d'ordre systémique est positif pour tous les actifs risqués, en particulier pour les actions européennes.

En effet, les cours se sont déjà bien repris, et toute la question est de savoir dans quelle mesure il y a encore de la marge. En tout cas, les actions européennes se situent toujours en deçà de leurs niveaux de mi-2011. On peut donc légitimement se demander si les bourses ne pourraient pas revenir à leurs niveaux antérieurs aux graves menaces pesant sur l'Italie et l'Espagne. Dans le même temps, malgré le récent mouvement de rattrapage, on peut encore qualifier de raisonnables à attractives les valorisations de la plupart des actions. Certes, l'Europe a devant elle de longues années de croissance limitée, mais le monde des affaires s'est déjà bien adapté à cette situation. Les entreprises restent le lieu où les nouvelles techniques, une meilleure organisation, les nouvelles tendances et les nouveaux besoins se traduisent en argent. Or cet argent est destiné en premier lieu aux propriétaires, c'est-à-dire aux actionnaires. Tôt ou tard, la valeur générée par les entreprises ira donc aux actionnaires, que ce soit par le biais de dividendes ou de hausses de cours.

 

Peut-être 2013 sera-t-elle l'année durant laquelle l'investisseur, poussé par le besoin impératif de réaliser des rendements un peu meilleurs, abandonnera son attitude extrêmement défensive ? Pour ce faire, il intègrera donc dans l'ensemble (certes, de manière prudente) des actions européennes via des fonds communs de placement et des produits structurés.