(Ré)investissement : les thèmes dominants du premier semestre de 2016

La faiblesse des taux d'intérêt et la quête de rendement qui en découle sont-elles en train de jouer en faveur des investissements plus risqués ? De nombreux indices plaident en ce sens. Ainsi, les fonds obligataires de type « high yield » ont récemment pu compter sur des rendements records, même dans des pays restés longtemps absents des marchés comme l'Argentine. Mais ne s'agit-il pas d'une simple tendance passagère ? Le lecteur attentif se rappellera que l'année 2014 avait été dominée par les fonds (d'actions) américains et qu'en 2015, ce sont surtout les actions européennes et, dans une moindre mesure, japonaises qui s'étaient illustrées. Aucune de ces valeurs n'est cependant parvenue à confirmer ces belles performances en 2016. Bien au contraire. Nous pensons, par exemple, aux fonds en actions belges qui, dans le meilleur des cas, n'ont réussi qu'à limiter les dégâts. Le premier semestre de 2016 a surtout été marqué par un regain d'appétit pour le risque, mais aussi par une augmentation de la volatilité et un mouvement de fuite vers la qualité. Un mélange qui peut paraître étonnant. Ci-dessous, nous revenons sur quelques tendances observées au cours des six premiers mois de l'année..

 

Le retour des obligations

Comme indiqué en introduction, les obligations, et surtout les fonds obligataires, ont le vent en poupe. Les émissions en dollars des pays émergents semblent ainsi être de nouveau particulièrement appréciées des investisseurs. Et les obligations émises par les sociétés des secteurs minier et pétrolier remportent également beaucoup de succès. Cette popularité s'explique plus que probablement par le rebond des cours des matières premières. Mais la prudence reste évidemment de mise étant donné le retard qui doit encore être comblé.

 

Tout ce qui brille (n')est (pas) or

Les grandes crises économiques ou les événements politiques ayant de lourdes répercussions sur l'économie, comme la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit), poussent les investisseurs à se réfugier dans des valeurs plus sûres. Le dollar américain - qui fait partie de ces valeurs refuges - profite donc également de ce phénomène, avec un effet inévitable sur les cours de l'or et ceux d'autres matières premières. Signalons toutefois que les investissements en or ne conviennent pas à tout le monde.

 

Les pays émergents reprennent des couleurs

La perspective d'une reprise économique et la faiblesse des stocks de matières premières jouent en faveur des pays émergents qui dépendent fortement des matières premières comme le Brésil et la Russie. Cela ne signifie pas pour autant que le ciel s'est subitement dégagé. Beaucoup de ces pays sont, en effet, encore confrontés à d'importants problèmes structurels. Mais les pays émergents sont clairement de retour, même s'il faudra encore beaucoup de temps pour rattraper le retard accumulé.

 

La qualité prime

Nous assistons actuellement à ce que l'on appelle communément un phénomène de « fuite vers la qualité ». En témoigne notamment le succès rencontré par les obligations « high yield » relativement bien cotées, les actions à dividende élevé présentant un bon historique de performances ou les valeurs immobilières de premier rang. Les investisseurs sont donc prêts à prendre des risques, mais pas à n'importe quel prix. Cette fuite vers la qualité prouve que les investisseurs préfèrent rester sur leurs gardes face à la volatilité.

 

Les fonds d'abord

Dans ce contexte de rendements pratiquement négatifs, le regain d'appétit pour le risque est une bonne nouvelle pour les valeurs les plus solides du marché. Mais si vous souhaitez prendre plus de risques, mieux vaut alors vous fier à la diversification et la gestion spécialisée d'un fonds. Chacune des tendances décrites ci-dessus semble en effet prometteuse, mais c'était également le cas des gagnants de ces deux dernières années. Avec les suites que l'on connaît. Les gagnants du premier trimestre de 2016 ont beau avoir réalisé de belles performances, ils ont, comme nous l'avons déjà expliqué ci-dessus, encore beaucoup de retard à rattraper pour pouvoir présenter un rendement positif sur 5 ans. Comme quoi, tout ce qui brille n'est pas nécessairement or...