Pour les initiés : bail-in et bail-out
 

Horizon s'arrête régulièrement sur un terme ou un concept du monde des placements et l'explique clairement. Aujourd'hui, nous parlerons du bail-in et du bail-out.

 

Vous rappelez-vous qu'au printemps 2013, les principales banques de Chypre ont dû être sauvées grâce à des injections financières de l'Europe ? L'Eurogroupe entre autres, qui avait encore en mémoire la grande crise bancaire de 2008, a jugé par la voix de son président néerlandais Jeroen Dijsselbloem que l'aide financière ne devait pas seulement venir de l'extérieur (« bail-out ») mais que les épargnants devaient aussi y consacrer une partie de leur épargne (« bail-in »).

 

  • Lors d'un scénario de bail-out (« renflouement externe »), une banque faillie est donc sauvée avec des moyens provenant de l'extérieur. Comprenez : des pouvoirs publics. Ou encore : des contribuables.
  • Lors d'un scénario de bail-in (« renflouement interne »), une banque est en premier lieu soutenue par ses propres stakeholders. Les actionnaires sont évidemment les premiers approchés, suivis par les détenteurs d'obligations hybrides (instruments situés entre les capitaux propres et les obligations) et, si cela ne suffit pas encore, éventuellement les détenteurs d'obligations ordinaires et les déposants pour les montants excédant l'épargne garantie de 100 000 euros.
    Ensuite, et uniquement si ce « renflouement interne » s'avère insuffisant, les autorités publiques (nationales, internationales...), et donc le contribuable, entreront en scène.

 

Réaction exagérée

À l'heure actuelle, on ne peut pas dire que les investisseurs soient très attirés par le secteur financier. Ce qui est vraiment difficile pour un domaine qui ne repose pas tant sur l'argent que sur la confiance. Ce secteur est certes confronté à de nombreux facteurs négatifs :

  • une croissance économique en berne
  • la crainte d'un ralentissement de la croissance mondiale
  • l'instabilité sur les marchés financiers
  • de grandes pertes pour un certain nombre de banques et la crainte (qui s'est avérée non fondée) d'une cessation du paiement des coupons dans certaines banques d'affaires
  • des taux extrêmement bas qui mettent sous pression le modèle de revenus des banques
  • l'exposition au secteur de l'énergie et…
  • la crainte d'un scénario de bail-in.

 

Toutefois, il est également porteur de plusieurs bonnes nouvelles :

  • de nombreuses banques ont abandonné leurs positions risquées ces dernières années
  • elles continuent à améliorer leurs tampons de capitaux
  • au dernier trimestre, une série de grandes banques ont pu se prévaloir de résultats supérieurs aux attentes, ainsi que de ratios de fonds propres de base plus forts
  • les principales banques d'Europe rehausseront systématiquement leur capital total d'absorption des pertes (TLAC) dans les années à venir. Ainsi, elles élargissent le tampon entre le « capital » au sens large du terme, d'une part, et les simples détenteurs d'obligations et épargnants, d'autre part. Ce faisant, l'objectif est bien entendu de limiter les risques d'un éventuel bail-in pour ces derniers.

 

De l'épargne à l'investissement

Revenons un instant sur un scénario de bail-in. Le point de référence de 100 000 euros a évidemment toute son importance. Cela concerne bien sûr la garantie européenne des dépôts jusqu'à 100 000 euros pour les titulaires de comptes d'épargne dans l'Union européenne. Celle-ci reste toujours garantie.

D'un autre côté, il est légitime de se demander s'il est vraiment avantageux de détenir plus de 100 000 euros sur des comptes d'épargne. Le rendement est minime et, pour les offres qui proposent des rendements super élevés, vous avez tout intérêt à vous informer de la notation du fournisseur, de son exposition aux investissements à risques et de la manière dont il investit votre épargne. Vous pouvez dès lors par exemple envisager d'investir dans une assurance placement de la Branche 23 ou dans un fonds (OPC – Organisme de placement collectif). Les montants confiés sont la possession du fonds et non de la banque émettrice. Ils n'ont donc rien à voir avec la garantie des dépôts.

 

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