25/08/2015

 

Une journée noire
 

Hier, il n'y avait pour ainsi dire nul abri possible sur les marchés du risque, dont font partie les marchés d'actions. Les lourdes pertes essuyées en Asie en général et en Chine en particulier ont contaminé les bourses européennes, puis celles des Etats-Unis. Si les principaux indices sont parvenus par la suite à rattraper une (grande) partie du repli initial, les pertes en fin de séance n'en demeuraient pas moins considérables.

 

La question est maintenant de savoir s'il s'agit d'une correction passagère, s'inscrivant dans une tendance haussière de long terme, ou du début d'un marché baissier qui se préparait depuis longtemps. A cet égard, l'histoire des marchés nous donne le droit d'espérer. Les marchés baissiers du passé se sont en effet typiquement développés sur fond de variables de marché et d'environnement caractéristiques. Pour commencer, une longue période de repli des marchés s'accompagne généralement d'une récession économique. Ce n'est pas le cas en ce moment à l'échelle mondiale, et encore moins en Occident et au Japon. Et ce n'est certainement pas notre scénario de base. Dans le même ordre d'idées, les bénéfices des entreprises ont tendance, dans une telle situation, à commencer à décevoir les attentes et à laisser entrevoir une tendance baissière et ce, vu leur forte corrélation avec le cycle économique. Là encore, ce n'est clairement pas le cas. Les bilans des entreprises occidentales sont d'une solidité à toute épreuve et la rentabilité, considérée sur les derniers trimestres, est plus que satisfaisante. Nous ne nous attendons, jusqu'à preuve du contraire, à aucun changement immédiat à cet égard.

 

Par ailleurs, les marchés baissiers s'amorcent souvent lorsque les valorisations sont excessivement élevées. L'an 2000 nous en a probablement offert l'exemple le plus frappant. Aux Etats-Unis, et en particulier dans certains groupes ou secteurs comme la biotechnologie, le marché n'est certes plus bon marché. En Europe par contre, les valorisations peuvent difficilement être considérées comme excessives. Le rendement du dividende évolue lentement mais sûrement en direction des 4%, ce qui n'est certainement pas négligeable dans un monde où le rendement est devenu une chose rare. D'autant que ces dividendes semblent avoir leur avenir assuré. Enfin, une courbe des taux inversée est souvent annonciatrice d'une récession et de problèmes durables sur les marchés d'actions. Mais là encore, ce n'est actuellement pas le cas. Bref, aucun des signaux typiques n'est présent jusqu'ici. Nous laissons donc le bénéfice du doute au marché haussier.

 

Mais quels pourraient être les catalyseurs capables de relancer le marché, indépendamment de la situation fortement survendue qui est susceptible d'initier incessamment une remontée marquée mais de courte durée?

 

Pensons pour commencer à la sphère politique et aux banques centrales. À l'automne 2014, les marchés trahissaient techniquement une certaine faiblesse. Jusqu'à ce que Mario Draghi déchaîne le rally avec sa promesse d'assouplissement quantitatif. Les problèmes actuels ont commencé en Chine et les marchés doutent quelque peu de la banque centrale chinoise. Un regain de confiance sur ce front serait donc déjà un pas dans la bonne direction. Les autorités et la banque centrale chinoises ont encore de nombreuses cordes à leur arc. Elles pourraient même encore abaisser les taux d'intérêt, chose désormais inconcevable dans de nombreuses autres parties du monde.

 

Mais ne nous attendons pas à voir la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale et la Banque du Japon se croiser les bras devant la recrudescence des forces déflationnistes. La Réserve fédérale sera sans doute en première ligne même si la probabilité d'un relèvement des taux en septembre a fortement diminué, ne s'élevant plus qu'à 22% alors qu'elle dépassait encore largement les 50% il y a quelques séances. L'hypothèse d'un relèvement en décembre ne réunit même plus 50% des chances, mais seulement 46%. Dennis Lockhart, l'un des principaux responsables de la Fed, a encore déclaré hier que l'évolution de la situation chinoise compliquait le relèvement des taux de la Réserve fédérale.

 

Mais en marge d'éventuelles nouvelles mesures des banques centrales pour maintenir encore plus longtemps une politique accommodante, le temps pourrait lui aussi jouer en faveur du marché. Pour l'instant, il subsiste une crainte que l'économie réelle et les bénéfices des entreprises se laissent influencer par le malaise boursier. Mais à mesure que le temps passera et qu'il s'avèrera que ce n'est pas le cas – notre scénario de base –, la confiance pourra progressivement faire son retour. Fidèles à la tradition, septembre et octobre s'annoncent donc encore probablement difficiles et volatils. Mais par la suite, et peut-être plus vite qu'on ne le pense, les opportunités d'achat ne tarderont pas à refaire surface.

 

 

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