22/01/2016

 

La baisse du prix du pétrole et les doutes au sujet de la Chine entretiennent l'agitation

 

Le rebond observé mardi sur les marchés financiers n'aura été que de courte durée. Dès mercredi matin, après la clôture profondément dans le rouge des bourses asiatiques, il ne faisait plus aucun doute que la journée serait à nouveau très difficile. Les pertes avoisinaient les 4%. Dans le courant de la journée, les marchés des actions européens et américains ont plus ou moins pris le même chemin. L'évolution depuis le début de l'année est désastreuse, faisant comme principales victimes les géants pétroliers et les entreprises minières. Les actifs considérés comme des valeurs refuges – pensons à l'or, aux obligations d'Etat et au yen – font l'objet d'un engouement énorme, tandis que les taux d'intérêt des pays de la périphérie (Espagne, Portugal, Italie et Grèce) ont grimpé sous l'effet de l'agitation ambiante.

 

La BCE se réunit aujourd'hui pour prendre une nouvelle décision en matière de taux d'intérêt. Nous ne nous attendons pas à de nouvelles mesures incitatives, mais nous comptons néanmoins sur Mario Draghi pour ouvrir la voie à davantage d'assouplissement monétaire au mois de mars. Et cela pourrait suffire à soutenir les marchés financiers européens.

 

Réaction exagérée

La baisse jusqu'ici irrésistible du prix du pétrole et la crainte d'un ralentissement de la croissance chinoise, voire d'un atterrissage brutal susceptible de contaminer toute l'économie mondiale, déclenchent des réactions excessives. L'allégresse boursière qui régnait depuis des années a soudain pris fin parce que l'alerte incendie précipite tout le monde vers la sortie au même moment. Le caractère massif de cette ruée ne fait qu'ajouter à l'effet négatif, et le sentiment l'emporte pour l'instant sur les fondamentaux.

 

Economie mondiale en expansion

A en croire les prévisions de nos économistes et les perspectives revues à la baisse cette semaine du FMI, l'économie mondiale connaîtra en 2016 une croissance comprise entre 3,2% et 3,6%. Ces chiffres supérieurs à ceux relevés en 2015 nous portent à croire que les perspectives des deux principales « régions développées » – les Etats-Unis et l'Europe – restent positives également. De toute évidence, les attentes tablent sur un impact limité du ralentissement de la croissance économique asiatique.

 

Et l'économie chinoise?

Au début de cette semaine, la Chine a indiqué que son économie avait encore ralenti au quatrième trimestre. La croissance publiée de 6,8% pour le dernier trimestre et de 6,9% pour toute l'année 2015 était le résultat le plus bas observé en 25 ans. Ces chiffres étaient en ligne avec nos prévisions et celles du marché. Rien de nouveau sous le soleil, donc, et une évolution logique compte tenu de la transition d'un système axé sur l'industrie vers une économie de services. Il s'agit en effet d'une évolution structurelle qui s'accompagne d'inévitables maux de croissance et qui prendra beaucoup de temps. Les usines non rentables et/ou trop polluantes doivent disparaître, la suroffre qui existe dans divers segments doit être aplanie, le népotisme doit être endigué et les excès dans le domaine des crédits seront éliminés. Il est tout à fait normal qu'une telle évolution vers un marché développé affecte le rythme de croissance, se traduise par un repli de la demande de matières premières et influence les échanges commerciaux avec l'étranger. Dans le même temps, la Chine s'efforce de stabiliser les marchés financiers, le renminbi et le récent exode de capitaux. Mais c'est justement dans ce domaine que Pékin commet de nombreuses erreurs qui ne font qu'exacerber la réaction desdits marchés. Nous pensons notamment aux récentes dévaluations soudaines et non annoncées de la devise, qui ont engendré une énorme méfiance, et à l'introduction maladroite des « circuitbreakers » (mécanismes suspendant automatiquement les cotations) qui a provoqué de profondes corrections. Pour cette année et les prochaines, les autorités chinoises poursuivent un objectif de croissance économique de 6,5%. Ces derniers mois, elles ont annoncé au compte-goutte une série de mesures qui portent progressivement leurs fruits. Par ailleurs, elles présenteront prochainement un vaste programme de réformes qui a pour but de calmer l'agitation. Parfaitement conscientes de cette nécessité, elles ont également les moyens d'y parvenir.

 

Repli du prix du pétrole

Depuis la fin 2014, le prix du pétrole est prisonnier d'une spirale baissière. Le prix d'un baril de pétrole a dans l'intervalle chuté de plus de 100 dollars à moins de 27 dollars. Le succès croissant du pétrole de schiste américain et la production record alignée en réaction par les pays de l'OPEP et la Russie ont donné lieu à une offre excédentaire. Et à présent que l'Iran vient d'être autorisé à augmenter sa production en échange de l'accord nucléaire, le dernier rempart vient de céder. En peu de temps, l'Iran pourrait augmenter l'approvisionnement du marché de 500.000 barils par jour, une quantité qui pourrait à son tour être gonflée à moyen terme de 500.000 barils supplémentaires moyennant quelques investissements. Il est clair que cette évolution, combinée à la production record des autres pays de l'OPEP et de la Russie, ne laisse pas présager une soudaine remontée du prix du pétrole. Des signaux qui redonnent espoir sont cependant perceptibles, à commencer par les prévisions avancées par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), selon lesquelles la demande de pétrole devrait reprendre du poil de la bête à partir du second semestre. A cela s'ajoute la baisse de la production observée aux Etats-Unis, où un grand nombre d'entreprises d'énergie sont au bord du gouffre à cause du prix actuel du pétrole. Quoi qu'il en soit, les mois à venir resteront empreints d'incertitude. Les statistiques hebdomadaires des réserves pétrolières s'accompagneront systématiquement d'une bonne dose de volatilité. Nous voyons cependant les fondamentaux s'améliorer à terme et finir par soutenir le prix du pétrole. Ce dernier pourra alors se raffermir progressivement, sans pour autant renouer avec ses niveaux de 2014.

 

Notre stratégie d'investissement

Nous nous trouvons au cœur de la tourmente, et il est difficile de prévoir pour combien de temps. La réaction des marchés financiers s'inspire pour une grande part du sentiment négatif et engendre des corrections exagérées. Il s'agit donc d'attendre que le calme revienne et de ne surtout pas se laisser aller à la panique ambiante. Nous savons par expérience que des chutes boursières se manifestent de temps à autre sans pour autant réduire à néant tout espoir de remontée. De plus, les replis de cette envergure dans un laps de temps relativement court offrent des opportunités énormes. Dans l'intervalle, les rangs des investisseurs qui s'amassent sur la touche en attendant le bon moment grossissent. Le moment venu, nombre d'actions de qualité pourront être repêchées à des prix attrayants. Nous maintenons notre vision positive au sujet des actions et notre préférence régionale pour l'Europe et le Japon. A l'instar de 2015, 2016 sera une année volatile pour les bourses. La relance économique modérée, le maintien des incitants monétaires dans diverses régions, la faiblesse du prix du pétrole, l'euro bon marché et les valorisations attrayantes engendreront un revirement qui fera remonter les cours dans le courant de l'année.

 

  

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