Aperçu des marchés

01/12/2016

 

Les actions ont le vent en poupe, mais les obligations louvoient. Réduction de la surpondération des obligations de la zone euro indexées sur l'inflation

 

  • Les indicateurs avancés dépeignent une situation favorable
  • Croissance du PIB tirée par la demande intérieure au Royaume-Uni et en Allemagne
  • Croissance des bénéfices des entreprises chinoises à surveiller
  • Les rendements obligataires divergent; le climat est au beau fixe dans les marchés d'actions

 

Joost van Leenders, chief economist Multi Asset Solutions-team

 

Les marchés d'actions ont poursuivi leur rebond, notamment aux États-Unis, où l'économie pourrait bénéficier des possibles baisses d'impôts et du plan de relance de l'investissement public en infrastructures promis par le futur président, ainsi qu'au Japon, où le marché boursier bénéficie du repli du yen. La semaine dernière, les rendements des obligations ont divergé, car les taux américains se sont maintenus aux niveaux plus élevés atteints récemment, tandis que les taux allemands ont légèrement fléchi. Les actions européennes ont sous-performé les actions américaines et japonaises à l'approche de deux événements risqués en Europe : le référendum sur la réforme de la Constitution en Italie le 4 décembre et la réunion monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) le 8 décembre.

 

Les indicateurs avancés envoient des signaux positifs

Les indicateurs avancés signalent une croissance solide à court terme. Dans la zone euro, les indices des directeurs d'achats (PMI) du secteur manufacturier et de celui des services ont poursuivi leur amélioration en novembre, portant l'indice composite à son plus haut niveau depuis août 2015. Les indices PMI des secteurs manufacturiers de l'Allemagne et de la France ont reculé, mais ils sont restés en zone de croissance et ont été largement compensés par l'amélioration des indicateurs de confiance dans les secteurs des services. L'indice allemand Ifo s'est globalement maintenu à son niveau élevé d'octobre. Les perspectives de la zone euro paraissent donc solides.

 

La croissance du PIB de l'Allemagne au troisième trimestre a légèrement déçu, car les exportations nettes ont pesé et l'investissement fixe a été stable. Cependant, une situation tendue sur le marché de l'emploi a contribué à une croissance robuste de la consommation, qui constitue une assise solide. La croissance du PIB du Royaume-Uni a bien résisté au troisième trimestre, grâce à la solidité de la consommation, à la contribution positive des exportations nettes liée au recul des importations, et à la progression étonnante de l'investissement des entreprises. L'impact du vote en faveur de la sortie de l'Union européenne (« Brexit ») n'est donc pas perceptible pour l'instant, mais nous estimons que la hausse de l'inflation induite par la dépréciation de la livre et les fortes incertitudes laisseront des marques à l'avenir.

 

Aux États-Unis, l'indice PMI Markit du secteur manufacturier a continué de s'améliorer en novembre, tandis que l'indice PMI du secteur des services n'a enregistré qu'un léger repli, laissant ainsi l'indice composite fermement ancré en zone de croissance et à son plus haut niveau depuis novembre 2015. Les commandes de biens durables ont bondi à la suite d'une envolée des commandes d'avions très volatiles. Les commandes de biens d'équipement hors défense et aéronautique, qui reflètent mieux l'investissement des entreprises en équipement, ont légèrement augmenté. Les commandes et les livraisons de biens d'équipement de base, qui avaient chuté entre septembre 2015 et juillet 2016, semblent avoir atteint un point d'inflexion.

 

La confiance des ménages américains s'est nettement redressée en novembre, l'indice effaçant son recul d'octobre avant l'élection. Le moral des ménages de la zone euro s'est également amélioré, ce qui indique que les consommateurs réagissent à la tonalité positive des marchés depuis l'élection américaine, sur fond d'espoirs d'une croissance plus vigoureuse.

 

L'amélioration des bénéfices des sociétés chinoises est-elle durable ?

L'un des développements les plus positifs de l'économie chinoise au cours des derniers mois a été l'amélioration des prix à la production, qui a mis fin au recul observé entre mars 2012 et août 2016. L'augmentation récente des prix des matières premières tire à la hausse les prix à la production. Bien que ce facteur puisse dans une certaine mesure exagérer le pouvoir de fixation des prix des sociétés chinoises, la hausse des prix a entraîné un rebond des bénéfices. Ce développement devrait rendre la stabilisation de l'économie chinoise plus pérenne.

 

Toutefois, il convient de garder à l'esprit que l'amélioration des bénéfices et de l'activité en général a été dans une large mesure portée par les secteurs de l'automobile, de l'immobilier et des infrastructures, qui ont tous trois bénéficié des mesures de relance du gouvernement. Nous serons attentifs aux éléments indiquant une atténuation des effets de ces soutiens et à la réaction des autorités le cas échéant.

 

Allocation d'actifs : prises de bénéfices sur les obligations indexées sur l'inflation

Lorsque nous avons initié cette position en juillet, nous avions le sentiment que l'inflation intégrée était très faible. Nous considérions que cette position constituait une protection contre l'exposition négative aux actifs risqués de notre allocation d'actifs. En d'autres termes, si l'économie mondiale se révélait plus solide qu'attendu, les obligations indexées sur l'inflation pouvaient en bénéficier et compenser partiellement notre sous-pondération des actions, des obligations émergentes et des matières premières. Depuis juillet, les points morts d'inflation ont augmenté d'environ 25 points de base en France, en Allemagne et en Italie dans un contexte de stabilisation des prix des matières premières, de posture globalement toujours accommodante de la BCE et, plus récemment, d'espoirs de relance budgétaire. Étant donné que nous n'avons observé aucune amélioration de la dynamique des salaires, nous avons décidé de prendre progressivement nos bénéfices sur cette stratégie.

 

S'agissant des marchés d'actions, il existe des risques tangibles à l'avenir, qui justifient le maintien d'une sous-pondération de taille réduite des actions. Les sondages sur le référendum en Italie, qui se tiendra le 4 décembre, indiquent presque tous un rejet du projet de réforme constitutionnelle, qui, le cas échéant, aurait des conséquences politiques incertaines. Le 8 décembre, le Conseil des gouverneurs de la BCE pourrait décider de ralentir les achats d'actifs mensuels de la banque compte tenu de la performance satisfaisante de l'économie de la zone euro. Cela pourrait prolonger le débat sur le calendrier et le rythme de réduction du programme d'assouplissement quantitatif de la BCE. Eu égard à ces incertitudes, nous n'avons pas voulu fermer notre sous-pondération, qui est concentrée en Europe.

 

La discussion sur la possibilité d'une réduction des achats d'actifs de la BCE ainsi que les divergences de perspectives de croissance et d'inflation, ont entraîné un découplage entre les marchés des emprunts d'État américains et allemands. Si les taux américains sont restés à leur sommet récent, les taux allemands se sont détendus, ce qui a porté leur écart à son plus haut niveau depuis la fin des années 1980. En raison de l'élargissement des spreads dans la périphérie de la zone euro, notamment en Italie, l'impact sur notre position longue sur les obligations d'État américaines face à celles de la zone euro est plus faible que ce que laissent supposer les mouvements récents des marchés.

 

 

Rédaction clôturée le 01 décembre 2016.

 

 

 

 

Le présent document a été rédigé et est publié par BNP Paribas Asset Management (BNPP AM), un membre de BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP).

 

 

 

 
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