Réinvestir dans des produits structurés assortis de la protection du capital à 100 %

Dans le contexte actuel, le réinvestissement s'avère particulièrement difficile pour les profils d'investisseur « conservateurs » et « défensifs ». Ils préfèrent bien évidemment les obligations, mais étant donné les taux extrêmement faibles du moment, tant les obligations d'États que les obligations d'entreprises de qualité (Investment Grade) offrent des rendements similaires voire inférieurs à l'inflation belge. Ceux qui souhaitent un rendement obligataire plus élevé devraient donc choisir entre :

  • un rendement obtenu par une qualité de crédit (considérablement) moindre (c'est-à-dire des notations inférieures à BBB-)
  • un rendement obtenu par des obligations émises dans une devise plus rentable (offrant une belle prime par rapport à l'euro).

Pour les profils prudents, le niveau de risque que présentent ces deux solutions est toutefois trop élevé. Voilà pourquoi à l'heure actuelle, les investisseurs conservateurs et défensifs optent principalement pour des produits structurés assortis de la protection du capital à 100 %.

 

Obligations structurées

Nous partons du principe que vous recherchez un risque minimal pour un rendement maximal. En guise de limite inférieure, vous souhaitez, à l'échéance finale, le remboursement intégral de votre capital initial. Les produits structurés répondent à ce double souhait en « structurant » le placement, c'est-à-dire en le répartissant sur deux composants, ayant chacun un objectif distinct :

  • une obligation à coupon zéro pour assurer le remboursement du capital à 100 % à l'échéance ;
  • une option pour produire le rendement. Cette option est émise sur un actif sous-jacent comme un panier d'actions, un indice boursier, une sélection d'actions durables portant un label ISR, etc.

 

En pratique

Supposons ce qui suit : votre horizon de placement est de 7 ans et, à l'échéance, vous exigez la certitude de récupérer votre capital initial de 100 euros, après déduction des frais d'entrée et d'autres frais éventuels, bien entendu. Attention : cette certitude n'est toutefois pas garantie. Il peut ainsi arriver que l'émetteur ou le garant fasse faillite ou ne soit plus en mesure de tenir ses engagements. Vous courez, dans ce cas, le risque de ne pas récupérer les montants auxquels vous avez droit, y compris le capital investi.

  • Une obligation à coupon zéro ne rapporte pas d'intérêts pendant la durée du placement, mais les capitalise jusqu'à l'échéance. Pour recevoir 100 euros dans 7 ans, vous achetez aujourd'hui une obligation à coupon zéro de 90 euros avec un rendement de 1,55%, par exemple. La capitalisation annuelle fournit après 7 ans les 10 euros manquants, afin de compléter la protection du capital à 100 %.
  • Sur les 100 euros, 90 euros ont déjà été absorbés dans l'obligation à coupon zéro. Il reste donc 10 euros. L'émetteur de l'obligation structurée peut les utiliser pour acheter, par exemple, une option sur un actif sous-jacent, comme un indice d'actions ISR. Il achète ainsi le droit d'acheter (call) ou de vendre (put) ces actions ISR dans 7 ans, à un prix défini. Attention : il n'achète donc pas les actions proprement dites, mais seulement le droit de les acheter ou de les vendre.
  • Supposons que la valeur de son option atteigne 42 euros au bout de 7 ans.
  • Dans 7 ans, l'obligation structurée se présentera comme suit :
    • les 100 euros de la protection du capital auront été « recomposés » par l'obligation à coupon zéro ;
    • l'option, acquise avec les 10 euros à placer librement, aura rapporté 42 euros. Pour plus de clarté, nous ne prenons pas en compte les frais, taxes, etc. ;
    • le remboursement de 142 euros après 7 ans a généré un rendement de 6,00 % sur une base annuelle.

 

Quelques réserves

Notre exemple est bien évidemment tout à fait théorique et probablement un peu trop attrayant pour être réaliste. En effet :

  • l'obligation à coupon zéro qui doit amener en 7 ans le rendement de 90 euros à 100 euros, suppose un rendement annuel de 1,55 %, ce qui est plutôt élevé dans les conditions de marché actuelles ;
  • l'émetteur de l'obligation structurée a donc le choix :
    - pour atteindre tout de même une protection du capital à 100 %, il peut mettre de côté plus de 90 euros des 100 euros initiaux dans l'obligation à coupon zéro. Cela réduit toutefois la petite partie qui reste disponible pour réaliser un rendement ;
    - il peut aussi conserver 85 euros pour l'obligation à coupon zéro et 15 euros pour le rendement, en réduisant alors la protection du capital à 90 ou 95 %.

 

Une fois de plus, le risque et le rendement sont donc étroitement liés. Par conséquent, lisez toujours bien les informations qui accompagnent chaque obligation structurée : le Prospectus, les Final Terms, le résumé spécifique à l'émission et le Flash Invest commercial, etc. Il est en effet important que vous achetiez uniquement un produit de placement que vous comprenez parfaitement. 

 

Obligations structurées et risques

Comme tout placement, les obligations structurées comportent un certain nombre de risques. En voici les principaux :

 

Risque de liquidité

Si vous vendez avant la date d'échéance, vous courez le risque que votre placement ne soit plus demandé, entraînant un prix plus faible que le montant initialement investi. Une obligation structurée n'est généralement pas cotée sur un marché réglementé. Dans de nombreux cas, l'émetteur en assurera toutefois la liquidité en se portant acquéreur ou le cas échéant vendeur, sauf circonstances exceptionnelles. L'investisseur qui voudrait revendre ses titres avant l'échéance ou acheter ces titres une fois la période de souscription terminée devra les vendre/acheter au prix déterminé par l'émetteur.

 

Risque de crédit

En cas de faillite ou de défaut de paiement de l'émetteur et du garant, vous courez le risque de ne pas récupérer votre capital de départ.

 

Risque de marché

Le droit au remboursement à 100 % du capital investi (hors frais) ne vaut qu'à l'échéance finale. Ce n'est en effet qu'à ce moment que l'obligation à coupon zéro atteint le résultat escompté pour recomposer à nouveau votre capital de départ. Dans l'intervalle, le prix de l'obligation structurée fluctuera, à la hausse comme à la baisse, en fonction de paramètres tels que la santé financière de l'émetteur et du garant ou l'évolution de l'actif sous-jacent.

 

Nous invitons les investisseurs intéressés à s'adresser à leur agence ou à l'Easy banking centre pour plus d'informations sur les placements actuels offrant une protection du capital à 100 %.