Pour les initiés : les obligations perpétuelles

Horizon s'arrête régulièrement sur un mot, un concept, etc. du monde des placements et l'explique clairement. Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur les obligations perpétuelles (ou « perpetuals »).

 

Il faut uniquement investir dans ce que l'on connaît et comprend

Cette édition spéciale d'Horizon est entièrement consacrée à la règle d'or de tout investissement : « Il faut uniquement investir dans des produits et catégories de placements que l'on connaît. » Sachant cela, nous avons décidé d'examiner de plus près les obligations perpétuelles (ou « perpetuals »), une catégorie de placements très appréciée. Pendant tout un temps, les obligations de ce type ont vraiment eu le vent en poupe, notamment auprès des investisseurs plutôt conservateurs. Pourtant, si les perpetuals proposent un rendement potentiellement intéressant, elles n'en demeurent pas moins des investissements risqués, réservés aux investisseurs audacieux qui agissent en connaissance de cause. Seuls les investisseurs qui possèdent les connaissances et l'expérience requises devraient être autorisés à s'y frotter, car elles comportent plus de risques qu'on ne le croit généralement.

 

Du rendement à la corrélation

Dans le cadre d'une obligation perpétuelle, il n'y a pas lieu de rembourser le capital, mais l'émetteur peut toutefois prévoir une clause le permettant de manière anticipée. Quels sont les avantages des obligations perpétuelles ? Les coupons sont souvent élevés (ce qui n'est pas négligeable à l'heure où les taux se trouvent à un niveau plancher), le rendement potentiel est attrayant et elles peuvent faire l'objet d'un remboursement anticipé. Ce dernier élément est néanmoins très incertain, ce qui a pour conséquence que l'investisseur désireux de se défaire de son obligation est généralement contraint de la vendre au cours du moment. Or, le cours de ce type de produits peut connaître une évolution en dents de scie. En effet, les obligations perpétuelles émises par des institutions financières se distinguent par une volatilité particulièrement élevée, étant donné qu'il existe une forte corrélation entre le cours de l'action de l'institution financière émettrice et le cours de son obligation perpétuelle. Autrement dit, si l'action se porte bien, ce sera en principe également le cas de la perpetual – mais ce rapport s'applique aussi lorsque l'action perd de sa valeur. Par conséquent, les détenteurs d'obligations perpétuelles ont tout intérêt à saisir parfaitement le fonctionnement... du marché des actions et à en suivre l'évolution attentivement. Car comme le préconise notre règle d'or, il faut uniquement investir dans ce que l'on connaît et comprend. Pour toutes ces raisons, les perpetuals ne conviennent certainement pas aux investisseurs ayant un profil conservateur.