24/08/2015

 

Une forte correction sur les marchés

 

Partout dans le monde, les indices boursiers ont encore subi de lourdes pertes ce vendredi. Les marchés craignent que le ralentissement de la Chine, deuxième économie mondiale, n'impacte à la fois les pays émergents et les développés.

 

La publication de statistiques économiques décevantes en Chine et aux Etats-Unis n'a fait qu'empirer les choses. L'indice chinois des directeurs d'achats a reculé pour le sixième mois consécutif et indique une contraction de l'activité tandis que les producteurs américains signalent une baisse de régime. Ce mauvais chiffre en Chine en suit d'autres : ralentissement de l'investissement, des ventes au détail et des exportations.

Les baisses sont importantes : -3% en Europe, au Japon et aux Etats-Unis, -4,5% en Chine, -2,6% pour le MSCI World All Countries … Depuis la dévaluation inattendue du yuan, le 11 août, le Stoxx Europe 600 a perdu 9,6%, l'EuroStoxx50 -10,6% et le S&P500 -6,3%.


Ces ventes en panique dans les marchés creux des vacances d'été sont-elles justifiées ? Quel sera l'impact de la crise des pays émergents sur les pays développés ?
Les forces déflationnistes l'emporteront elles sur les efforts de ‘reflation' de la Fed et de la BCE ? Il n'y a pas de doute qu'il y aura un impact. Moins de croissance dans les pays émergents signifie moins de commerce international, moins de bénéfices,…

Mais il ne faut pas sous-estimer la résilience de la croissance américaine et de la reprise européenne. Nous ne sommes pas au bord de la récession. Les Etats-Unis sont quasiment au plein emploi (chômage à 5,3%), des salaires progressent de 2,1% sur un an et le pouvoir d'achat des ménages a augmenté grâce à la baisse des prix de l'énergie.
En d'autres mots, les ménages ont les moyens de dépenser et la consommation qui compte pour 70% du PIB devrait être soutenue dans les prochains mois. De même, la reprise européenne est facilitée par la baisse des prix du pétrole, les injections de liquidités de la BCE et un dollar US nettement plus fort que l'an dernier (même s'il a un peu faibli ces derniers jours).
Notons que contrairement à la Chine et aux USA, l'indice composite des directeurs d'achats de la zone euro s'est encore inscrit en hausse au mois d'août et en particulier en Allemagne.

 

Il n'en reste pas moins que la crise est sérieuse dans un contexte de marchés boursiers fragiles : le marché américain n'a plus connu de correction depuis longtemps, les valorisations sont tendues, il manque de catalyseurs positifs, il y a des fragilités de nature technique et l'approche de la première hausse de taux par la Fed inspire des craintes.

Du côté positif, les gérants de fonds ont déjà des bonnes réserves de liquidités (au plus haut depuis 2008 selon l'enquête Bank of America ML), le sentiment est déjà prudent et les valorisations en comparaison à d'autres classes d'actifs sont attractives. De plus, la saison d'annonces de résultats dans les pays développés a été bonne et les tendances sont prometteuses.

 

Jusqu'où ira la baisse ? Difficile a dire. Les places européennes sont survendues mais ce n'est pas (encore) le cas aux USA qui est le marché leader. Une exagération extrême est toujours possible.

La dévaluation du yuan et les baisses des devises des pays émergents sont fondamentalement déflationnistes. Il en résulte que les taux vont rester bas plus longtemps et très bas en zone euro.
Le Stoxx Europe 600, l'indice boursier le plus large, a un rendement des dividendes moyen attendu supérieur à 3,40%. Il devrait être assuré pour les prochaines années. Ceux qui liquident leurs actions maintenant se contenteront-ils longtemps de rendements nets proches de zéro ? Pourront-ils vraiment racheter plus bas ?

 

Notre conviction est que les forces reflationnistes vont avoir le dessus sur les forces déflationnistes au cours des prochains trimestres, que les périodes de faiblesse de cours boursiers sont transitoires et que la poursuite de la croissance des profits débouchera non seulement sur un retour des cours boursiers vers les plus hauts mais qu'ils iront vers de nouveaux sommets.

Pour ceux qui ne sont pas exagérément investis en actions, nous voyons le recul des bourses comme une opportunité de compléter progressivement les positions en actions avec une priorité aux européennes.
En ce qui concerne le choix des valeurs individuelles, quand il y a des reculs très violents comme lors de ces derniers jours, les actions sont vendues en blocs, par paniers entiers sans considération pour leurs perspectives individuelles. C'est à ces moments-là que les meilleurs affaires se présentent.

 

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