08/01/2016

Fin d'une semaine difficile

  

Aurions-nous vécu la plus mauvaise première semaine de l'histoire des marchés d'actions ? Alors que décembre et janvier sont traditionnellement les meilleurs mois de l'année, nous serions bien en peine cette fois de déceler une once d'optimisme où que ce soit. Une nouvelle fois, les déboires d'hier sont à attribuer au repli du yuan et des bourses chinoises.

 

Sur le continent (Shanghai A-list), les cotations ont été suspendues après une perte de 7% atteinte en seulement une demi-heure de session. La Chine a en effet introduit dernièrement des mécanismes appelés « circuit breakers », qui suspendent les cotations lorsque les pertes atteignent un certain niveau. Le problème, c'est que nous ne sommes pas convaincus que les mécanismes de ce genre réduisent la volatilité du marché. Au contraire, c'est un peu comme lorsqu'un incendie se déclare dans un café, un théâtre ou un cinéma. Imaginez que l'on dise alors: « Je vais ouvrir la porte pendant 3 minutes, mais après je vais la refermer et on la rouvrira demain. Mais restez calmement assis et surtout ne vous approchez pas de la porte. ». Comment pensez-vous que la foule va réagir? Il semble que les autorités chinoises l'aient enfin compris après deux jours de pertes de l'ordre de 7% par jour, car la mesure a été suspendue. Elles n'ont cependant pas encore tout à fait appris leur leçon, car elles examinent à présent comment les échanges entre le yuan onshore et offshore pourraient être limités.

 

Ceci dit, le sentiment à l'égard de la Chine, probablement trop optimiste pendant la formation de la bulle, trahit à présent une exagération dans l'autre sens. A l'époque, la Chine était considérée comme le prochain maître du monde et on disait son économie promise à une croissance de l'ordre de 10% jusqu'à l'infini. Aujourd'hui, on ne voit plus que les mauvais côtés. La vérité se situe probablement entre les deux. Nous restons d'ailleurs convaincus que la Chine et tout ce qui y a trait, comme les marchés émergents, les devises des pays émergents et les actions cycliques, nous offriront à un moment donné une opportunité d'achat exceptionnelle à condition de trouver le bon timing. Mais pour l'instant, le mot d'ordre demeure « wait and see ».

 

Comme les jours précédents, la Chine a entraîné les autres bourses du monde dans sa chute, alors que les économies européenne et américaine se portent à merveille. C'est ce qu'on appelle la contagion. Mais ce phénomène crée aussi des opportunités. Si nous nous attendions à une année très volatile, nous devons cependant admettre que nous sommes un peu surpris d'observer un tel climat à cette période de l'année.

 

Quoi qu'il en soit, cette correction offrira des opportunités à un moment donné. En Occident, les facteurs environnementaux restent favorables à un peu plus long terme, grâce notamment à la robustesse de la croissance économique, à l'augmentation louable des bénéfices et à la politique monétaire accommodante.

 

Aujourd'hui, l'attention se focalisera en particulier sur le rapport sur l'emploi qui sera publié aux Etats-Unis. Un résultat positif serait un soulagement vu que cela indiquerait que l'impact économique de la situation en Chine ne mine pas les économies occidentales. Mais d'un autre côté, un rapport sur l'emploi vigoureux pourrait aussi raviver les craintes d'une poursuite des relèvements des taux américains. Les marchés sont donc un peu pris entre deux feux, ce qui engendre inévitablement de la volatilité… (Philippe Gijsels)

 

 

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