09/02/2016

 

Les marchés sous l'emprise de l'aversion au risque

 

Les bourses ont encore chuté ces derniers jours, sans que cette baisse ne soit vraiment inspirée par des faits nouveaux. Fondamentalement, nous continuons à croire au potentiel des marchés d'actions. Ce qui n'empêche pas qu'il faille prendre l'évolution des marchés avec le sérieux qui s'impose. Il s'agit donc de guetter le bon timing pour renforcer la position en actions. Car ce sont toujours les actions qui, en ce moment, renferment le plus grand potentiel de création de valeur. Dans le volet obligataire, nous recommandons de mettre un peu moins l'accent sur les obligations comportant un plus grand risque, et de faire plutôt la part belle aux obligations d'entreprises de bonne qualité. Il est désormais moins probable que les taux d'intérêt ne remontent vigoureusement dans les mois à venir.

 

Une nouvelle journée difficile

Hier, les marchés des actions ont connu une journée difficile dans le monde entier, alors que les (mauvaises) nouvelles se faisaient rares. Peut-être faut-il y voir des répliques de l'onde de choc de vendredi dernier, lors de la déception créée par une série de statistiques économiques. Nul doute que celle-ci a ravivé la crainte d'une récession, ce qui nous paraît une interprétation exagérément pessimiste des chiffres. Mais l'incertitude est énorme, en particulier au sujet de la Chine, et il n'est rien que les marchés détestent plus que l'incertitude.

 

Marchés survendus

Il subsiste quoi qu'il en soit quelques points positifs. Techniquement, les marchés sont toujours largement survendus. Cela signifie qu'ils pourraient se rétablir dans les jours et semaines qui viennent, surtout dans la perspective des mesures additionnelles envisagées par la Banque centrale européenne. Aux Etats-Unis, les bourses sont d'ores et déjà parvenues à clôturer la session à un niveau nettement supérieur au plancher de la journée, rattrapant près de la moitié des pertes. Peut-être pourront-elles poursuivre sur cette lancée lors des prochaines sessions. D'autre part, un certain nombre des valeurs refuges comme les obligations d'Etat et l'or sont en ce moment surachetées. Les deux marchés semblent être le reflet l'un de l'autre: si l'un remonte, il est probable que l'autre recule.

 

Dernière phase

On remarque par ailleurs, sur pour ainsi dire tous les marchés, que les valeurs sûres des indices commencent à voir leurs cours chuter, subissant parfois des corrections abruptes. Ce phénomène n'a rien d'inhabituel et présage généralement davantage de la fin d'une correction que du début. Les valeurs de moindre envergure et plus spéculatives, comme celles du Russell2000 aux Etats-Unis, sont depuis tout un temps prisonnières d'une tendance baissière. Les indices composés de valeurs d'envergure, comme le S&P500, semblaient jusqu'il y a peu beaucoup moins affectés, soutenus par des actions comme Facebook, Amazon ou encore Apple. Mais voilà que nombre de ces géants commencent eux aussi à y laisser des plumes.

 

Ce n'est pas illogique: lorsque les investisseurs veulent réduire quelque peu le risque de leur portefeuille et ont le choix entre assumer leurs pertes sur les valeurs qui ont connu une descente aux enfers et prendre leurs bénéfices sur celles qui ont tenu bon, le choix est souvent vite fait.

 

Peu importe que ce ne soit généralement pas une bonne idée, et qu'il vaudrait bien mieux laisser les gagnants poursuivre la course et vendre les perdants... Cette réaction est tout simplement inhérente au comportement humain. Mais dans l'intervalle, la question reste entière: que faire de la position en actions?

 

 

Peu de changement

Fondamentalement, peu de choses ont changé. L'économie mondiale poursuit sa croissance, même si le rythme a dans l'intervalle ralenti. La Chine continue à négocier la transition qui devra faire d'elle une économie de services mue par la consommation intérieure, au lieu d'un système industriel axé sur les exportations. Dans le même temps, le pays libéralise progressivement sa devise. La dépréciation du yuan qui en découle ne peut pas être purement interprétée comme un signe que la deuxième plus grande économie au monde va mal. Les autorités de Pékin ont indiqué en décembre ne plus vouloir faire dépendre leur politique monétaire exclusivement du dollar, mais bien d'un panier de treize devises incluant celles d'un certain nombre de concurrents.

 

Ce changement de cap de la Chine a un impact significatif sur les prix des matières premières et du pétrole. Mais là encore, il ne faut pas oublier que le repli du prix du pétrole est pour nombre de pays, entreprises et consommateurs davantage une aubaine qu'un obstacle. La réduction des coûts sur ce plan libère en effet des fonds qui peuvent être consacrés à d'autres dépenses, ce qui est susceptible de faire tourner l'économie.

 

Taux d'intérêt extrêmement bas

Le climat actuel se caractérise aussi par la faiblesse extrême des taux d'intérêt, et plusieurs banques centrales, dont la Bank of Japan et la BCE, ont déjà fait savoir que ce n'était pas près de changer. Cette faiblesse est en effet l'oxygène de l'économie, réduisant qui plus est les charges financières des entreprises et leur laissant davantage de bénéfices. Quant aux investisseurs, ils y voient une motivation pour tourner le dos aux obligations et se lancer à la conquête des marchés des actions.

 

Préférence pour les actions européennes et japonaises

Pour résumer, nous évoluons fondamentalement dans un environnement qui plaide en faveur d'une position en actions prépondérante. C'est vrai en particulier pour les bourses européennes, où les entreprises profitent en prime de la faiblesse de l'euro. Les actions japonaises revêtent un certain attrait également, les entreprises y profitant pleinement de la politique économique et monétaire.

 

Il importe à présent d'attendre le bon moment pour profiter de ces opportunités, et c'est l'exercice qui nous occupera dans les jours à venir.

 

Réduction du risque du portefeuille obligataire

Sur le front des obligations, nous sommes avant tout confrontés à la perspective de mesures additionnelles des banques centrales en vue d'entretenir la faiblesse des taux d'intérêt. A ce titre, il nous semble judicieux d'envisager de rééquilibrer le volet obligataire des portefeuilles. Dans ce contexte, nous recommandons de mettre un peu moins l'accent sur les obligations risquées, même si elles s'assortissent justement pour cette raison d'un coupon supérieur. Au lieu de cela, nous préconisons de renforcer la position en obligations d'entreprises de bonne qualité d'une durée relativement normale.

 

 

Philippe Gijsels, Investment Strategy PRB

Geert Ruysschaert, Investment Communication PRB

 

 

 

 

 

 

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