8/11/2013

Draghi prend le marché de vitesse, mais le marché reste ce qu'il est…

Le Président de la BCE Mario Draghi a pris hier les marchés de vitesse en abaissant le principal taux directeur de 25 points de base. Le consensus (seulement 3 des 70 économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un abaissement du taux en novembre) s'attendait à un abaissement du taux, mais pas avant décembre. Pourquoi ? Avant tout car la BCE ne réagit généralement pas à la vue d'un seul chiffre et préfère attendre d'avoir une confirmation avant d'agir. Le chiffre en question était le niveau particulièrement bas de l'inflation dans la zone euro, ressorti à 0,7% la semaine dernière. Il est bien loin du niveau de 2% considéré comme une stabilité des prix. Apparemment, la BCE a estimé que ce chiffre à lui seul justifiait une action, et qu'elle n'avait besoin d'aucune confirmation. Dans les commentaires qui ont suivi la décision, l'accent a été clairement mis sur le bas niveau d'inflation et surtout sur son possible caractère durable.

 

La réaction initiale du marché à la décision et aux commentaires a ensuite été totalement en ligne avec les attentes. Les actions sont montées en flèche, car qui dit plus de liquidités dit "ceteris paribus" (toutes choses étant égales par ailleurs) une hausse des prix de tous les actifs, et surtout des actifs plus risqués. Mais l'évolution la plus notable a été la hausse du dollar par rapport à l'euro. Et c'est encore une fois logique, car un assouplissement de la politique monétaire de la BCE s'accompagne souvent d'une dépréciation de l'euro.

 

La force du dollar s'est maintenue, mais les bénéfices des marchés des actions se sont envolés dans le courant de la journée. La bourse américaine a même allègrement terminé dans le rouge, le Nasdaq ayant tout particulièrement connu une journée difficile. Nous devons cependant relativiser les choses. Les marchés des actions étaient clairement en situation de surachat, auquel cas les prises de bénéfices ne sont souvent pas bien loin. Le moteur a été ici la crainte que, contrairement à la BCE, la Fed adopte une politique plus stricte et mette son "tapering" en œuvre. Quelques membres de la Fed ont abondé dans ce sens au cours de ces derniers jours. Mais il est évident qu'un possible tapering n'interviendra que lorsque les chiffres économiques seront suffisamment forts pour le soutenir. C'est la raison pour laquelle les chiffres de l'emploi qui seront publiés aujourd'hui seront suivis de plus près qu'à l'accoutumée. Et ils peuvent réserver des surprises, car ils devront quoi qu'il en soit inclure les conséquences du shutdown. L'après-midi promet donc d'être encore tendue. Mais quoi qu'il en soit, le week-end arrive.

 

En dépit de la réaction peut-être décevante d'hier, il y a de fortes chances que les marchés des actions restent soutenus au cours des mois à venir. Nous oserions même parler de rallye de fin d'année. Car ce que la BCE a clairement souligné hier, c'est qu'il ne sera pas toléré que la zone euro plonge dans une spirale déflationniste. Et bien que le mot LTRO n'ait pas été prononcé par Monsieur Draghi, il est évident qu'aucun moyen ne sera épargné pour lutter contre le spectre de la déflation. Et une plus grande liquidité de l'euro implique "ceteris paribus" un dollar plus fort et des marchés soutenus.

 

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