19/03/2013

 

Chypre : le plan de sauvetage européen VS l'inquiétude

 

Dangereux précédent ou exception au sein de l'Europe?

 

La mise à contribution, durant le week-end, des déposants chypriotes dans le cadre d'un plan de sauvetage plus vaste a certainement fait froncer les sourcils à plus d'un. Les dépôts de moins de 100.000 euros sont frappés d'une taxe de 6,75% et ceux de plus de 100.000 euros d'un prélèvement de 9,9%. Résultat: les distributeurs de billets ont été pris d'assaut tout le week-end. Alors que dans le passé, les déposants de la zone euro étaient en sécurité, il semble que ce ne soit plus le cas aujourd'hui. La garantie de l'UE pour les dépôts jusqu'à 100.000 euros, en particulier, est devenue un grand point d'interrogation. Jusqu'ici, seuls les porteurs d'obligations subordonnées ou hybrides ont payé les pots cassés lorsqu'il fallait renflouer les banques, sauf en Irlande où les propriétaires d'obligations seniors de l'Anglo Irish Bank avaient été affectés également. Mais toute la question est de savoir si les banques en difficulté des autres pays pourraient faire naître une situation similaire. Certes, il convient de rappeler que la recapitalisation des banques chypriotes nécessite un montant équivalant à 80% du PIB du pays. Une pensée qui donne la chair de poule. De quoi même surpasser l'effort irlandais, qui représentait 40% du PIB. De plus, l'idée de faire intervenir les déposants avait peut-être pour but de s'en prendre aux capitaux russes placés auprès de ces banques. Sur le total de 68 milliards EUR détenus sous la forme de dépôts par des entreprises et des particuliers, 25 milliards d'euros sont d'origine russe. Quoi qu'il en soit, la répercussion sur les épargnants nationaux est énorme. Nicosie n'a pas officiellement accepté ces mesures étant donné que le parlement chypriote doit encore les voter. Mais à en croire les communiqués de presse, la BCE serait sur le point de refuser de soutenir la 2e plus grande banque de Chypre si ces mesures ne sont pas adoptées. Il n'en faudrait pas davantage pour couler tout le système bancaire, ce qui serait assurément bien pire. En un mot comme en cent, Chypre est acculée.

 

Cette situation peut-elle causer une contagion financière et une autre crise européenne?
La réponse doit être « NON » du fait que les banques périphériques en difficulté en Espagne (environ 70 milliards EUR d'aide en place) et en Grèce (environ 40 milliards EUR déjà réservés pour la recapitalisation) ont déjà été prises en charge. Quant à l'Italie, la question de la nécessité de venir en aide aux banques ne s'est jamais vraiment posée étant donné l'exposition généralement réduite du système bancaire italien à l'économie. Quant à savoir si à l'avenir, dans l'Union européenne, les créanciers des banques ne peuvent réellement plus s'attendre à un traitement clément, voilà qui est une autre histoire. Certes, l'impact social de ces mesures pourrait être amélioré par la création à l'échelle de l'UE d'un cadre global pour les dépôts, financé par le biais des déposants.

 

Il est évident que ces développements vont ranimer les débats sur l'implosion de la zone euro. En réaction, les actifs risqués du monde entier sont en berne ce matin. Les investisseurs vendent en masse les actions asiatiques, l'euro plonge et l'or remonte. Il est également clair que la prime de risque liée aux actions européennes est appelée à augmenter aujourd'hui.

 

Cela étant dit, les marchés, et plus particulièrement les marchés des actions américains, ne semblaient guère s'en inquiéter jusqu'alors. Il ne reste au S&P500 qu'à progresser d'un demi pour cent pour signer un nouveau record et battre celui atteint en 2007. Il est intéressant de comparer la valorisation actuelle à celle de 2007, année lors de laquelle le S&P flirtait avec des niveaux record comparables. A l'heure actuelle, l'indice s'échange à 14x les bénéfices, alors qu'en 2007, le multiple P/E était de 15,7. Il est évident que les bénéfices ont dans l'intervalle augmenté. Le rendement des bénéfices s'élève aujourd'hui à environ 7%, alors qu'en 2007, il était proche des 5%. Pour terminer, le rendement de dividende affiche 40 points de base de plus et, qui plus est, le rendement des obligations du Trésor à dix ans affiche 2,6% de moins qu'à l'époque. A l'évidence, rien ne garantit que les marchés américains devraient renouer avec ces anciens niveaux de valorisation, mais il est erroné d'avancer que le marché américain est extrêmement onéreux.

 

Quoi qu'il en soit, les problèmes qui secouent l'Europe sont loin d'être terminés et de temps à autre, des troubles referont surface, provoquant des ondes de choc sur les marchés. Attachez vos ceintures sans plus tarder.

 

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