L’engouement pour les bourses se confirme en 2026
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La Bourse semble voler de record en record depuis plusieurs années, même dans un contexte géopolitique compliqué, qui pourrait parfois faire frémir. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène.
Les faits marquants
- Les marchés boursiers attirent des publics toujours plus jeunes, notamment grâce à des produits financiers plus accessibles comme les trackers.
- Depuis la crise de 2008, les banques centrales ont massivement injecté des liquidités sur les marchés, ce qui alimente aussi les investissements en actions.
- La baisse des taux d’intérêt rend les obligations moins attractives.
- Les investissements colossaux dans l’IA et les très bons résultats de certaines entreprises dopent les performances des indices boursiers.
Des investissements en actions toujours plus accessibles
On mentionne souvent le poids de l’IA dans les performances boursières récentes. On constate également que les résultats des entreprises sont globalement très positifs dans de nombreux secteurs, même si d’autres rencontrent certaines difficultés qui ne peuvent être ignorées.
Investir en bourse semble être devenu un jeu d’enfant et de plus en plus de gens s’y aventurent. L’essor des trackers n’y est évidemment pas étranger. Un récent sondage révélait que les jeunes de 35 ans (et parfois moins) comptent davantage sur la Bourse pour s’enrichir que sur l’évolution de leur salaire. De quoi faire réfléchir !
Comment comprendre l’optimisme des marchés ?
À y regarder de plus près, depuis la crise financière de 2008, les banques centrales du monde entier ont massivement injecté des liquidités dans les circuits économiques, notamment en finançant les dettes publiques via des achats colossaux d’obligations d’États mais aussi en achetant d’autres actifs financiers détenus par les banques. Ce fut notamment le cas après 2008 avec les produits issus de la titrisation.
En Europe, le bilan de la Banque centrale européenne a ainsi été multiplié par 9 entre 2008 et 2022, une situation très similaire à ce qu’on a pu observer aux USA ou au Japon. Un raisonnement pourrait être que les liquidités étant abondantes, il faut bien que l’argent aille quelque part. Ce n’est sans doute pas faux.
Les actions attirent 50% des investissements mondiaux
Le graphique ci-dessous reprend la ventilation en pourcentage des actifs financiers au niveau mondial depuis 1950. Ce sont des chiffres qu’on ne trouve pas forcément tous les jours, ce qui justifie notre intérêt aujourd’hui. On peut constater l’engouement des placements en actions (y compris les financements privés) depuis 2010. On voit également qu’à l’heure actuelle, environ 50% de l’ensemble des avoirs financiers mondiaux sont investis en actions (publiques et privées). Juste après la crise financière de 2008, le pourcentage était plus proche de 30%, tandis qu’en 2000, avant la crise dite des « dotcom », cette proportion avoisinait les 60%.

Ces chiffres permettent aussi de visualiser le désamour envers les placements en obligations, qui s’est logiquement développé lorsque les taux d’intérêt ont baissé drastiquement, après la crise de 2008. Gardons à l’esprit que la baisse des taux d’intérêt découlait précisément des décisions et des mesures prises par les banques centrales à l’époque. La remontée spectaculaire des taux longs depuis la crise en Ukraine ne semble pas avoir changé drastiquement la donne, sans doute parce que les taux longs exprimés en termes réels (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation) restent trop bas pour attirer massivement les investisseurs.
L’or et la cryptomonnaie
Le graphique permet aussi de visualiser l’importance de l’or dans les placements, ainsi que le rôle extrêmement faible joué par les monnaies dites « crypto », contrairement à ce qu’on a pu croire à un certain point, dans un passé très récent.
Cet article n’a pas pour objectif de dire s’il faut investir en actions ou pas, mais vise plutôt à mesurer l’ampleur de l’engouement récent pour le capital à risque (public et privé) dont on parle partout mais qu’on ne quantifie pas forcément. Il permet aussi de voir que la répartition actuelle entre les différents types de placements n’est pas inédite, puisqu’il y a déjà eu d’autres époques où le poids des investissements en actions était plus élevé qu’aujourd’hui, et d’autres où l’or a rencontré un succès encore plus important que celui qu’on lui a connu tout récemment.
Visualiser ces ordres de grandeur est souvent utile et instructif, même si l’histoire se répète rarement…
